Migrants : ce que propose le gouvernement

Campement improvisé de migrants dans les Jardins d\'Eole, près de La Chapelle (Paris), le 16 juin 2015. 
Campement improvisé de migrants dans les Jardins d'Eole, près de La Chapelle (Paris), le 16 juin 2015.  (CITIZENSIDE/ AFP)

Le plan d'amélioration de la prise en charge des demandeurs d'asile a été présenté à l'issue du conseil des ministres, mercredi. 

Accueillir mais aussi raccompagner. Le gouvernement a annoncé, mercredi 17 juin, son plan d'amélioration de la prise en charge des demandeurs d'asile à l'issue du conseil des ministres. Il prévoit la création de 11 000 places supplémentaires d'hébergement pour les migrants d'ici à 2016 mais aussi un renforcement des mesures d'éloignement de ceux qui "ne peuvent pas rester sur le territoire" français.

"La déréliction de l'Etat libyen en a fait une zone de transit essentielle pour les migrants en partance pour l'Europe. Le gouvernement mène donc une action résolue pour aider l'Europe à sortir par le haut" face à cette problématique, a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Bernard Cazeneuve a notamment listé deux principaux dysfonctionnements en France : "Notre dispositif d'accueil des demandeurs d'asile est embolisé" et "le dispositif d'hébergement d'urgence ne fonctionne pas de manière satisfaisante". Ce plan été chiffré en année pleine a 70 millions d'euros. Voici ce qu'il faut en retenir.

Créer des places d'hébergement d'urgence et des logements adaptés pour les réfugiés politiques

Le plan prévoit la création de 4 000 places d'hérbergement supplémentaires pour les demandeurs d'asile en attente d'ici à début 2016, dont 2 000 places d'ici à la fin 2015. Cela porte le nombre de places d'hébergement créées depuis 2012 à 12 200.

A cela, s'ajouteront "1 500 places d'hébergement d'urgence pour une mise à l'abri temporaire de ceux qui arrivent sur notre territoire", a annoncé Sylvia Pinel, la ministre du Logement.

Le gouvernement souhaite aussi la mise en place de logements adaptés pour les réfugiés statutaires, avec la création de plus de 5 000 places supplémentaires de logement accompagné, mobilisées sur les deux prochaines années. Parmi elles, 3 000 logements vacants dans le parc social, 1 000 places en résidences locatives et 1 000 places en intermédiations locatives. Tout cela dans des "zones qui ne sont pas en tension sur le plan immobilier". En outre, 500 places en centres provisoires d’hébergement seront créees pour les réfugiés les plus vulnérables. Soit 11 000 places au total.

"Eloigner davantage" et accompagner le retour dans le pays d'origine

"Eloigner davantage" : c'est l'un des objectifs de ce plan, a reconnu Bernard Cazeneuve, annonçant une "mobilisation de nos forces de l'ordre, de nos préfets" pour "placer ceux qui doivent l'être en rétention". "Il n'y a pas de tabou car pas de politique d'asile soutenable si nous ne reconduisons pas ceux qui ne peuvent rester sur le territoire de notre pays", a déclaré le ministre.  

Selon les chiffres présentés en conseil des ministres, il n'y aurait qu'entre 10 et 20% de départs effectifs pour les déboutés du droit d'asile. D'où la volonté du gouvernement d'augmenter les interpellations et les placements en centre de rétention, mais aussi d'avoir une meilleure gestion de l'aide au retour, en développant les aides financières et la réinsertion dans le pays d'origine. 

Humaniser l'accueil des migrants à Calais 

Le plan prévoit une "humanisation" de la nouvelle jungle de Calais (Pas-de-Calais), où vivent dans "des conditions indignes", selon Sylvia Pinel, près de 2 000 migrants dans l'attente de passer en Angleterre. Le plan prévoit un "aménagement renforcé, avec un système d'éclairage, point d'accès à l'eau, des sanitaires, des tentes et des structures modulaires".

"Un opérateur" sera également "présent en permanence pour des missions de nettoyage et de médiation", a indiqué la ministre du Logement. Une maison de l'asile verra le jour pour orienter ceux qui ne veulent pas rester en France.

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