Migrants : l'Union européenne ne remplit pas ses engagements pour la répartition des demandeurs d'asile, dénonce Amnesty

Deux migrants à Vintimille (Italie), le 9 septembre 2017.
Deux migrants à Vintimille (Italie), le 9 septembre 2017. (IKER PASTOR / ANADOLU AGENCY)

Le constat est implacable : deux ans après la mise en place d'un programme de répartition des migrants sur l'ensemble de l'Union européenne, seules 46 000 personnes sur 160 000 ont été "relocalisées" selon Amnesty International. 

En septembre 2015, l'Union européenne décidait d'un mécanisme de quotas pour mieux répartir l'arrivée de migrants entre les États membres et soulager l'Italie et la Grèce. Deux ans plus tard, alors que cette politique de relocalisation atteint sa date limite, mardi 26 septembre, les États membres n'ont rempli leur mission qu'à 28,7%. Seules 46 000 personnes sur 160 000 ont été "relocalisées" selon Amnesty International. "C'est une grande déception. On voit que l'Europe n'est pas capable de se mettre d'accord pour 100 000 personnes qui se trouvent frontaliers de l'Union européenne" regrette Louise Carr, chargée de campagne du programme Protection des populations à Amnesty International.

Amnesty donne l'exemple de la France, qui s'était engagée à accueillir 30 000 migrants. Seuls un peu plus de 4 000 sont finalement arrivés dans l'Hexagone. Face à ce bilan, la Commission européenne a classé la France dans le groupe des pays qui "devraient de toute urgence accélérer les transferts."

Les pays du groupe de Visegrad mauvais élèves

Mais il y a encore pire : les pays les plus en infraction sont ceux du groupe de Visegrad : la République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie. Ces deux derniers pays avaient d'ailleurs refusé d’accueillir le moindre demandeur d’asile dans le cadre de ce mécanisme.

Parmi les bons élèves : Malte, la Finlande et l’Irlande... L'obligation légale de relocalisation ne cesse pas après la date limite du 26 septembre : elle continue de s'appliquer à toute personne arrivée en Grèce ou en Italie jusqu'à cette date. Cependant, Louise Carr rappelle qu'"il y a une obligation légale, même si les Etats européens n'ont pas honoré leur responsabilité."