Les demandes d'asile ont augmenté de 21,8% en 2018 en France

Lors d\'une manifestation contre la loi asile et immigration, en février 2018 à Paris.
Lors d'une manifestation contre la loi asile et immigration, en février 2018 à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

La France est "le deuxième pays de demande d'asile en Europe" derrière l'Allemagne, selon le ministère de l'Intérieur.

La France a enregistré 122 743 demandes d'asile l'an dernier, en hausse de 21,8%, avec une forte progression des dossiers déposés par des ressortissants d'Afghanistan, de Géorgie et de Guinée, selon les statistiques de l'immigration publiées mardi 15 janvier par le ministère de l'Intérieur.

Après une hausse de 17% en 2017, les demandes enregistrées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ont donc continué d'augmenter, pour atteindre leur niveau le plus élevé de ces dernières années. La France est "le deuxième pays de demande d'asile en Europe", derrière l'Allemagne, qui a enregistré 174 000 dossiers entre janvier et novembre, précise-t-on à la Direction générale des étrangers en France (DGEF).

Les expulsions en hausse de 9,9%

Pour avoir une vision exhaustive de la demande d'asile en France, il faut toutefois ajouter à ces chiffres quelque 35 000 personnes enregistrées en préfecture mais relevant d'un autre pays au titre de la "procédure Dublin" (Italie, Espagne ou Allemagne notamment, où les demandeurs ont été soit enregistrés, soit déboutés d'une première demande d'asile).

L'Afghanistan a été le premier pays d'origine l'an dernier avec 9 462 demandes (+58% sur un an). Au classement des pays d'origine (hors mineurs accompagnants et réexamens), on trouve ensuite la Guinée (+63%), l'Albanie (toutefois en baisse de 23%), la Géorgie (+260%) et la Côte d'Ivoire (+44%). "La France est une destination de rebond", indique-t-on à la DGEF. La France s'efforce de transférer les demandeurs vers le pays compétent mais cette procédure complexe reste difficile à mettre en œuvre, avec 12% de transferts effectifs (contre 22% en moyenne en Europe).

Par ailleurs, les expulsions d'étrangers en situation irrégulière ont augmenté de 9,9%, avec 15 677 reconduites, "un plus haut niveau depuis le début de la décennie", a-t-on précisé à la DGEF, en soulignant que la hausse atteignait 20% sur deux ans. La France a accordé l'an dernier 255 550 premiers titres de séjour, en hausse de 3,3%, selon les chiffres provisoires. L’immigration familiale, qui représente la plus grande part du flux migratoire, est quasiment stable (+ 0,5%). L'immigration économique a été la plus dynamique (+19,5%, à 32 815) et les régularisations ont été en hausse de 4,2%, à 32 261 l'an dernier.

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