Le mur antimigrants érigé par des riverains près de Tarbes a été détruit

Le mur construit devant un hôtel Formule 1 à Séméac (Hautes-Pyrénées) a été détruit.
Le mur construit devant un hôtel Formule 1 à Séméac (Hautes-Pyrénées) a été détruit. (LAURENT FERRIERE / HANS LUCAS)

Le mur bloquant l'accès à un hôtel destiné à accueillir des demandeurs d'asile, construit lundi par des opposants à ce projet, a été détruit par ces mêmes riverains.

Ils ont eux-mêmes détruit le mur qu'ils avaient construit. Le collectif de riverains opposés à l'accueil de migrants dans un hôtel Formule 1 près de Tarbes (Hautes-Pyrénées), qui avait érigé un mur devant le bâtiment, a fait machine arrière. "Ce matin, on l'a fait tomber. On avait fait des propositions qui ont été acceptées par l'Adoma [ex-Sonacotra, qui va gérer le centre d'accueil]. On est satisfaits", a déclaré à l'AFP le responsable du collectif, Laurent Teixeira.

"Nos propositions ont été validées par l'Adoma et sont relatives à la scolarisation des enfants dès la rentrée et à des discussions régulières avec les différents acteurs. L'Adoma mettra les moyens nécessaires, notamment en personnel", pour un bon fonctionnement du centre d'accueil, a-t-il ajouté. Ce mur de près de 2 mètres de haut et 18 m de long "était un symbole très choquant", a admis le responsable, "mais cela a permis que le centre se fasse dans les meilleures conditions. On a réussi à les alerter. On n'est pas des 'antimigrants'."

82 migrants attendus début août

La préfecture a confirmé la destruction de ce mur qui avait été créé pour protester contre la transformation d'un hôtel en centre d'accueil pour migrants. Les opposants dénonçaient "l'opacité" de ce projet monté dans un "quartier résidentiel", "sans aucune concertation" avec la population locale, et dans "la précipitation". Selon la préfecture, l'hôtel a une capacité d'accueil de 85 personnes. Les migrants, essentiellement des familles, devaient arriver début août : une quarantaine d'enfant figure parmi les 82 migrants attendus. 

Situé à Séméac, commune de 5 000 habitants de la banlieue de Tarbes, cet hôtel Formule 1 dont l'accès avait été bloqué fait partie des 62 établissements premier prix du groupe AccorHotels rachetés par la SNI (filiale de la Caisse des Dépôts) pour devenir des structures d'hébergement et d'accueil. Ce nouveau dispositif d'hébergement de migrants dans des hôtels à bas coûts, à l'initiative du ministère de l'Intérieur, a commencé à faire des vagues dans certaines communes. Mais c'est la première fois qu'une action aussi symbolique était entreprise par des riverains.