Le mouvement d'extrême droite Génération identitaire va être jugé pour avoir joué les gendarmes antimigrants

Une action du groupe d\'extrême droite Génération identitaire dans les Hautes-Alpes, le 21 avril 2018.
Une action du groupe d'extrême droite Génération identitaire dans les Hautes-Alpes, le 21 avril 2018. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

Il est reproché à l'association et à trois de ses membres d'avoir utilisé un attirail ressemblant à celui des forces de l'ordre pour intimider les migrants passant par les Alpes.

Tenues inspirées des forces de l'ordre, hélicoptères, voitures siglées… Le mouvement d'extrême droite Génération identitaire sera jugé en juillet à Gap (Hautes-Alpes) pour ses opérations antimigrants menées au printemps 2018 dans les Alpes. Il est reproché à ses militants d'avoir créé la confusion en utilisant un attirail ressemblant à celui des forces de l'ordre.

L'association, son président Clément Gandelin, son porte-parole Romain Espino et un membre de l'association ayant "activement participé à l'organisation de cette opération" seront ainsi jugés le 11 juillet, a annoncé le parquet, lundi 3 juin.  L'opération "Defend Europe" de "surveillance" des migrants irréguliers entrant en France par l'Italie via les Alpes avait commencé le 21 avril 2018, avec une spectaculaire manifestation d'une centaine de militants non loin du col de l'Echelle.

Elle s'était achevée le 29 juin par un communiqué de l'organisation se félicitant surtout d'avoir "fait réagir dans les plus hautes sphères d'Etat" à la question de l'immigration illégale. Pendant cette période, ces militants identitaires avaient multiplié les démonstrations d'hostilité aux migrants sous la bannière de "Defend Europe", mouvement qui avait déjà fait parler de lui en Méditerranée, et s'étaient vantés d'avoir œuvré à l'arrestation de plusieurs d'entre eux.

Les prévenus encourent un an de prison 

Génération identitaire avait notamment relaté "avoir surpris le 1er mai un individu transportant trois migrants africains à bord de son véhicule dans la zone frontalière". Les militants avaient "remis à la gendarmerie les vidéos et photographies de cet activiste d'extrême gauche".

Au terme d'une enquête "approfondie" d'un an, le parquet a annoncé un procès pour "activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique" (article 433-13 du Code pénal). Ce délit est puni au maximum d'un an de prison et 15 000 euros d'amende pour les personnes, et de 75 000 euros d'amende et cinq ans d'interdictions diverses pour l'association.

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