"La solution n'est pas à Calais" : la ville nordiste justifie son opposition à l'installation de points d'eau et de sanitaires pour les migrants

Des migrants lors d\'une distribution d\'eau, en juin 2017, à Calais.
Des migrants lors d'une distribution d'eau, en juin 2017, à Calais. (OLIVIER ARANDEL / MAXPPP)

Emmanuel Agius, adjoint à la maire de Calais, explique que tous les moyens humanitaires installés dans sa ville pour les migrants "ont échoué un par un". Il se prononce en faveur la création de centres d'accueil supplémentaires.

Invité de franceinfo mardi 1er août, Emmanuel Agius, premier adjoint à la maire de Calais, Natacha Bouchart, a confirmé et justifié la position de sa ville de s'opposer à la décision du Conseil d’Etat qui a ordonné lundi la création de points d’eau et de sanitaires pour les migrants.

franceinfo : Pourquoi dites-vous "non" à la décision du conseil d'Etat ?

Emmanuel Agius : Depuis sept-huit ans, nous avons tout essayé. La maire de Calais a été la première à mettre en place un principe humanitaire, mais on a connu des exactions au niveau du Conseil des migrants, des zones de distribution de repas ou des douches que nous avons fait installer nous-mêmes. Tantôt les douches ont brûlé, tantôt les zones de distributions de repas sont devenues des squats. Tous ces procédés ont échoué un par un. Nous avons vécu des évictions de squats en nombre. Il y a environ un an, on appelait ça la "jungle". On s’aperçoit bel et bien que la solution n’est pas à Calais.

La proposition du gouvernement de créer deux nouveaux centres est-elle bonne ?

Je pense qu’il en faudra plus, mais c’est un bon début de réponse pour les Calaisiens. Ces migrants, qui sont là parce qu’ils souhaitent passer en Angleterre, ne peuvent pas rester. C’est une impasse. Ces centres, qui pourront les recevoir pour les traiter de façon humanitaire mais aussi de façon administrative, représentent exactement ce qu’il faut faire pour ensuite les réorienter, leur donner le droit d’asile si ils sont éligibles ou, malheureusement, les renvoyer d’où ils viennent si ils ne le sont pas. C’est la règle.

Les conditions de vie actuelle des migrants ne vous choquent pas ?

On oublie de parler de la population calaisienne. Elle a vécu le démantèlement de la "jungle" qui s’est très bien passé, l’après démantèlement qui s’est aussi très bien déroulé jusqu’à aujourd’hui, au moment où le dérapage reprend. Elle a le droit aussi de vivre comme n’importe quelle population d’autres villes de France, économiquement et touristiquement. Aujourd’hui, il y a des distributions de repas en plein centre-ville qui provoquent des troubles à l’ordre public que ce soit face aux fenêtres de la population ou en plein centre des zones économiques. Les entrepreneurs et les artisans sont handicapés par cela. Que les associations décident de faire briller leur vitrine avec un sujet comme celui-là, c’est leur choix mais cela doit cesser. Les Calaisiens, les Calaisiennes ne sont ni racistes ni "fachos". Ils en ont assez, tout simplement.

Migrants : "La solution n'est pas à Calais" - Emmanuel Agius, adjoint au maire de la ville
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