Les migrants de l'"Open Arms" ont débarqué au port de Lampedusa

Le navire humanitaire espagnol \"Open Arms\", le 17 août 2019 près de l\'île italienne de Lampedusa.
Le navire humanitaire espagnol "Open Arms", le 17 août 2019 près de l'île italienne de Lampedusa. (ALESSANDRO SERRANO / AFP)

Désapprouvant le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, la justice italienne a ordonné le débarquement des migrants sur l'île sicilienne.

Les passagers de l'Open Arms ont posé le pied sur la terre ferme. Les quelque 80 migrants restant sur le navire humanitaire espagnol ont débarqué à minuit, dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 août, sur l'île sicilienne de Lampedusa. L'accostage met fin à trois semaines passées en mer.

Dans l'impasse depuis plusieurs jours, la situation s'est débloquée mardi soir, lorsque la justice italienne a ordonné le débarquement des migrants la mise sous séquestre du bateau. "Après 19 jours, nous débarquerons aujourd'hui à Lampedusa. Le navire sera temporairement immobilisé, mais c'est un coût qu'Open Arms assume pour assurer que les personnes à bord puissent être prises en charge", s'était alors réjoui le fondateur de l'ONG, Oscar Camps.

Scènes de liesse sur le bateau

Après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, le procureur d'Agriegente, Luigi Patronaggio, a décidé que compte tenu de la situation difficile à bord, les rescapés devaient être débarqués sur la petite île sicilienne de Lampedusa. L'annonce a suscité des explosions de joie sur le bateau, selon des vidéos diffusées par des personnes présentes à bord.

Le procureur a également pris la décision de mettre préventivement sous séquestre le navire de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, dans le cadre d'une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d'actes officiels, dont le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini a affirmé, sur Facebook, qu'elle le vise directement.

Matteo Salvini réagit sur Facebook

"Si quelqu'un pense me faire peur avec la énième plainte et demande de procès, il se trompe. Ce serait une blague d'être parvenu à convaincre l'Espagne d'envoyer un navire [pour récupérer les migrants] et maintenant d'oeuvrer à les faire débarquer en Italie et faire juger le ministre de l'Intérieur qui continue de défendre les frontières du pays", a-t-il dit sur Facebook.

La décision du procureur a été annoncée peu de temps après le départ d'Espagne d'un navire militaire sur lequel étaient censés être transbordés la centaine de migrants encore à bord de l'Open Arms. Madrid avait pris cette décision après qu'une dizaine de migrants se sont jetés à l'eau dans un geste désespéré pour rallier à la nage l'île italienne.

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