L'accord entre l'UE et la Turquie sur les migrants est "mort", estime le Premier ministre grec

Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, donne une conférence de presse, le 3 mars 2020 à Kastanies (Grèce).
Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, donne une conférence de presse, le 3 mars 2020 à Kastanies (Grèce). (ACHILLEAS CHIRAS / NURPHOTO / AFP)

"La Turquie a décidé de violer totalement l'accord" conclu en 2016 avec l'UE, "à cause de ce qui s'est passé en Syrie", juge Kyriakos Mitsotakis.

"Maintenant, soyons honnêtes, l'accord est mort." Le Premier ministre grec ne donne plus cher de l'accord entre l'Union européenne et la Turquie, qui avait limité depuis 2016 l'afflux de migrants et de réfugiés en Europe. Dans une interview à la chaîne américaine CNN, vendredi 6 mars, Kyriakos Mitsotakis a estimé que s'il était "mort", c'est parce que "la Turquie a décidé de violer totalement l'accord, à cause de ce qui s'est passé en Syrie".

Des milliers de migrants s'amassent à la frontière gréco-turque depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré la semaine dernière que son pays ne les empêcherait plus de tenter de passer en Europe. Une annonce qui avait fait suite à la mort de plusieurs dizaines de soldats turcs dans un bombardement aérien en Syrie.

"La Turquie ne va pas faire chanter l'Europe"

Depuis, les forces de sécurité grecques disent avoir empêché 39 000 personnes de traverser la frontière. La Turquie affirme que le chiffre réel est plus de trois fois supérieur. La Turquie avait accepté en 2016 de ne plus laisser les migrants passer sa frontière avec l'Europe en échange de six milliards d'euros. Mais Ankara estime que d'autres termes de l'accord avec l'UE, dont la facilitation de visas et la mise en place de certaines règles commerciales, n'ont pas été respectés.

Kyriakos Mitsotakis a jugé que la Turquie faisait "l'exact opposé" de son obligation de retenir les demandeurs d'asile. "Ils ont systématiquement, que ce soit sur terre ou sur mer, accompagné les gens dans leur effort pour entrer en Grèce", a-t-il dénoncé.

"La Turquie ne va pas faire chanter l'Europe avec ce problème", a mis en garde le Premier ministre grec, tout en reconnaissant que la Turquie accueillait sur son sol près de quatre millions de réfugiés syriens. "Nous ne sommes pas ceux qui aggravent ce conflit" mais "nous avons tous les droits (...) de protéger nos frontières souveraines", a-t-il fait valoir.

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