INFOGRAPHIE. Entre dispersions et évacuations, suivez le parcours de Moussab, réfugié à Paris, en gif animé

Les différents lieux où a dormi Moussab, réfugié soudanais, dans le 19e arrondissement parisien pendant l\'été 2016.
Les différents lieux où a dormi Moussab, réfugié soudanais, dans le 19e arrondissement parisien pendant l'été 2016. (CAMILLE ADAOUST / FRANCETV INFO)

En un petit peu plus d'un mois, Moussab, un réfugié soudanais, a dû changer dix fois d'endroit pour dormir. 

Il se trouvait, mercredi 17 août, parmi les migrants de la station de métro Stalingrad (Paris, 19e arrondissement). A l'arrivée de la police, Moussab s'est rapidement enfui dans les rues adjacentes à l'avenue de Flandre.

Presque la routine pour ce Soudanais de 32 ans : à Paris depuis le 26 juin, il a enchaîné les adresses. Sans cesse poussé par les évacuations de la police, il est passé par les campements du Jardin d'Eole, du square de la Chapelle ou encore du terrain de basket au bord du Canal Saint-Martin. Le jeune homme a même été embarqué au commissariat, sans vraiment savoir où on l'emmenait. 

Pour visualiser les mouvements incessants auxquels sont contraints Moussab et d'autres migrants installés dans les rues de Paris, francetv info a reconstitué son parcours dans un gif.

Le trajet de Moussab, réfugié soudanais, à Paris, au fil des évacuations de la police.
Le trajet de Moussab, réfugié soudanais, à Paris, au fil des évacuations de la police. (CAMILLE ADAOUST / FRANCETV INFO)

"On ne sait jamais s'ils vont nous embarquer ou nous loger"

"On est traqués par la police, dénonce Moussab. Je bouge parfois à cause des évacuations, comme le 31 juillet ou le 17 août. Quand ils arrivent, on ne sait jamais s'ils vont nous embarquer ou nous loger. A ces moments-là, je vais me cacher dans les autres rues, au restaurant soudanais ou chez les gens qui nous aident. Mais certaines fois, c'est aussi parce qu'il n'y a plus de place pour moi", décrit le jeune homme. 

Et sa situation n'est pas isolée. "Son cas est symptomatique, commente Houssam, membre du collectif La Chapelle debout, qui traduit les paroles de Moussab. Les démantèlements produisent cette situation, puisqu'aucune solution pérenne ne leur est proposée."

Moussab (au centre), migrant soudanais dormant dans les différents campements du 19e arrondissement de Paris, entouré par deux membres du collectif La Chapelle debout, le 18 août 2016 à Paris. 
Moussab (au centre), migrant soudanais dormant dans les différents campements du 19e arrondissement de Paris, entouré par deux membres du collectif La Chapelle debout, le 18 août 2016 à Paris.  (CAMILLE ADAOUST / FRANCETV INFO)

Moussab espérait pourtant beaucoup de sa venue en France. "J'étais journaliste au Soudan. J'étais sans cesse convoqué par les tribunaux, je n'avais pas la liberté de publier ce que je voulais", explique-t-il, attablé sur la terrasse d'un café du 19e arrondissement. Il raconte être venu en France, après un long voyage à travers l'Egypte, la Libye et l'Italie, pour parler de la situation des Soudanais au Soudan. "En venant, nous cherchions la liberté, mais c'est encore plus compliqué pour les Soudanais ici, dénonce-t-il. Je voudrais qu'il y ait moins d'attente et qu'on comprenne mieux toutes les démarches, que ce ne soit plus aussi aléatoire."

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