Immigration : Wauquiez et Le Pen "sont dans un concours Lépine des inventions populistes", dénonce France terre d'asile

Marine Le Pen le 11 mars 2018 à Lille (g.) et Laurent Wauquiez le 18 avril 2018 à Paris (d.). Montage photo.
Marine Le Pen le 11 mars 2018 à Lille (g.) et Laurent Wauquiez le 18 avril 2018 à Paris (d.). Montage photo. (PHILIPPE HUGUEN / ERIC FEFERBERG / AFP)

Le directeur général de l'association France terre d'asile, Pierre Henry, était l'invité de franceinfo mercredi, alors que l'Assemblée nationale examine le projet de loi asile et immigration cette semaine.

Devant les membres du parti Les Républicains, réunis mercredi 18 avril en convention, Laurent Wauquiez a pointé du doigt le manque de "mesures sérieuses pour réguler l’explosion de l’immigration" dans le projet de loi asile et immigration discutée cette semaine à l’Assemblée nationale.

Pour Pierre Henry, directeur général de l'association France terre d’asile, invité de franceinfo mercredi, "le programme de la peur est le seul credo de Laurent Wauquiez" qui se livre "à un concours Lépine des inventions populistes" avec Marine Le Pen, la patronne du Front national.

franceinfo : Qu’est-ce qui différencie le parti Les Républicains du Front national sur la question de l’immigration ?

Pierre Henry : Je me le demande. Manifestement Laurent Wauquiez et Marine le Pen sont dans un concours Lépine des inventions populistes : référendum sur l’immigration, abandon du droit du sol, remise en cause de l’immigration légale… Lorsque Laurent Wauquiez pointe le chiffre de 262 000 titres de séjours attribués en 2017, il oublie de déconstruire ce chiffre. Parmi eux, ce sont 75 000 étudiants accueillis par nos universités, une chance pour nos grandes écoles. Ce sont 50 000 de nos compatriotes qui épousent des non-Européens. Ce sont 40 000 titres de séjours attribués pour des raisons humanitaires. Le programme de la peur est le seul credo de monsieur Wauquiez.

Ces mesures sont considérées comme pas assez dur pour la droite et trop dangereuse pour la gauche, quelle est votre position ?

Ce projet loi ne répond pas aux défis actuels, comme par exemple le premier accueil. On voit aujourd’hui sur les trottoirs de nos villes des milliers de personnes à l’abandon. Il ne répond pas à la crise des instruments européens, car la solidarité n’est pas la valeur la plus partagée par les États membres. Il ne répond pas non plus à la crise de défiance que manifeste les pays d’origine a notre égard lorsqu’il s’agit de renvoyer de personnes qui n’ont pas eu accès au droit d’asile. Ce n’est pas en allongeant la durée de rétention de 45 à 90 jours que ça va changer. Il fallait prendre le temps de la discussion.

Était-il nécessaire de refaire une énième loi sur la question de l’asile ?

Pas de manière aussi précipitée. Je pense que ces questions ne se règlent pas au niveau national, mais au niveau européen. Ça demande des convergences, une harmonisation des droits. Je pense qu’il fallait prendre le temps de la concertation avec les acteurs. Arrêtons de raisonner politique sans s’appuyer sur les réflexions des universitaires, sur l’expérience des associations sur le terrain. Cette précipitation alimente un certain nombre de polémiques qui font le bonheur des éditorialistes mais ne règle rien sur le terrain. Le politique doit faire de la pédagogie sur une question qui est ressentie avec beaucoup d’anxiété par nos concitoyens.

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