"Il y a cinq postes de gendarmes autour de mon domicile jour et nuit" : Cédric Herrou va être fixé sur son contrôle judiciaire

Cédric Herrou au tribunal d\'Aix-en-Provence, le 8 août 2017. 
Cédric Herrou au tribunal d'Aix-en-Provence, le 8 août 2017.  (BORIS HORVAT / AFP)

L'agriculteur de la vallée de la Roya attend la décision de la cour d'appel d'Aix-en-Provence dans la matinée. 

Cédric Herrou saura vendredi 10 août si son contrôle judiciaire est levé. La cour d'appel d'Aix-en-Provence doit rendre sa décision dans la matinée. Cet agriculteur de la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), milite depuis des années pour la régularisation des sans-papiers, et il est sous contrôle judiciaire depuis le 24 juillet 2017, jour où Cédric Herrou avait été arrêté en gare de Cannes avec 156 étrangers, la plupart originaires du Soudan. 

Sous contrôle judiciaire depuis plus d'un an

L’agriculteur les accompagnait en train, depuis Breil-sur-Roya jusqu’à Marseille, pour aller déposer leur demande d’asile. Il a été mis en examen pour aide à l'entrée et au séjour de clandestins, depuis la justice lui interdit de s'approcher des gares ou de quitter le pays. "Il faut savoir que je vis à la frontière franco-italienne, et pour aller à Nice, le trajet le plus direct, c'est de passer par l'Italie", explique Cédric Herrou, "j'ai surtout l'impossibilité d'aller à l'étranger pour continuer mon combat politique"

J'ai l'impression d'être condamné avant même d'être jugéCédric Herrouà franceinfo

Pourtant, le Conseil constitutionnel vient de consacrer le principe de fraternité, qui rend licite l'aide au séjour et à la circulation. Mais en attendant sa traduction dans la loi, la pression sur Cedric Herrou ne diminue pas. "Il y a cinq postes de gendarmes autour de mon domicile, jour et nuit. Ils font des contrôles d'identité systématiques de toutes les personnes qui entrent chez moi. Ils veulent la peau de Cédric Herrou, c'est évident", conclut-il. 

À l'audience, le parquet a demandé le maintien du contrôle judiciaire au nom de sa mise en examen pour aide à l'entrée sur le territoire, qui reste un délit, bien que l'agriculteur assure qu'il n'est pas allé chercher ces migrants en Italie.

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