Hongrie : un référendum pour soutenir un Premier ministre hostile aux réfugiés

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a dramatisé le débat avant le référendum sur les migrants prévu dans son pays dimanche 2 octobre
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a dramatisé le débat avant le référendum sur les migrants prévu dans son pays dimanche 2 octobre (CHRISTIAN BRUNA / EPA)

Les Hongrois sont appelés aux urnes dimanche 2 octobre pour un référendum controversé sur les réfugiés. La consultation est voulue par le Premier ministre, Viktor Orban, qui s'oppose aux quotas européens.

Les Hongrois sont appelés dimanche 2 octobre à participer à un référendum convoqué par le Premier ministre, Viktor Orban. Le chef de la droite populiste appelle à voter contre les plans européens, actuels ou futurs, de répartition de réfugiés dans les Etats membres. L'incertitude concerne le seuil de participation, qui pourrait enlever toute valeur à la consultation.

Un discours dramatisé contre les migrants 

Le Premier ministre a mis tous les moyens pour obtenir un vote massif de ses compatriotes. Depuis des mois, les médias publics et les médias privés proches de la droite, diffusent des reportages négatifs sur les "migrants illégaux". Le terme de "réfugiés" n'est pas utilisé. Les journalistes sont priés de ne pas montrer de familles exilées, mais de filmer des hommes sous un jour inquiétant. La campagne trouve un écho auprès d'une grande partie de la population.

Ainsi, dans la banlieue populaire de Csepel, près de Budapest, la Maison de la Culture fait salle comble. Plus d’une centaine de retraités assistent à un meeting du Fidesz, le parti du Premier ministre Viktor Orban. Le député Szilard Németh explique ce qui se passerait si des milliers de demandeurs d’asile s’installaient en Hongrie. "Qui va payer l’aide sociale qu’il faudra leur donner, les soins médicaux, ainsi que les cours de langue ? C’est nous, bien sûr", déclare le député.

Pour financer ça, on sera obligés d’augmenter les impôts, et de baisser les retraites et les salaires.Szilard Németh, député du Fidesz, parti de Viktor Orban

Conviction contre participation

A la fin du meeting, Agnes Kovacs, une secrétaire à la retraite, se montre enthousiaste. "C'est surement vrai ce qu’il a raconté, parce que j’ai entendu la même chose à la télé. Ce soir, c’était vraiment très bien", déclare-t-elle. 

Selon le discours gouvernemental, accueillir des milliers de migrants menacerait l’identité chrétienne de la Hongrie. L'argumentation est approuvée par Ferenc Takats, qui participe à la réunion publique. Il explique qu'il ne veut pas de musulmans dans son pays. "Ils ne sont pas comme nous. Nous, les chrétiens, on donne la vie mais eux, ils ne sont pas pour la vie, ils sont pour la mort", assène-t-il. 

Près de 90 % des Hongrois décidés à se déplacer voteraient dans le sens du gouvernement. Mais il n’est pas sûr qu’il y ait suffisamment d’électeurs pour que le scrutin soit valide. Le taux de participation doit être supérieur à 50%, ce qui n'est pas gagné.

En Hongrie, un référendum pour soutenir un Premier ministre hostile aux réfugiés : un reportage de Florence La Bruyère
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