"C’est de la bienveillance, comme il y en a chez les marins" : une "grande maraude solidaire" d'aide aux migrants a réuni 300 personnes dans les Hautes-Alpes

Des militants de différentes associations se sont rassemblés pour aider les migrants lors d\'une \"grande maraude solidaire\", vendredi 15 mars, à Montgenèvre.
Des militants de différentes associations se sont rassemblés pour aider les migrants lors d'une "grande maraude solidaire", vendredi 15 mars, à Montgenèvre. (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

L'événement était organisé par des associations d'aide aux migrants pour soutenir les personnes qui viennent en aide aux centaines d'exilés qui franchissent la frontière entre l'Italie et la France.

Une "grande marause solidaire" s'est déroulée vendredi 15 mars, à Montgenèvre, dans les Hautes-Alpes, près de Briançon, en soutien aux migrants. L'événement était organisé par des associations d'aide aux migrants dans le but de soutenir les personnes qui aident les centaines d'exilés qui franchissent la frontière entre l'Italie et la France. Les bénévoles dénoncent notamment la répression dont ils estiment être les victimes après plusieurs condamnations prononcées en justice. Par petits groupes, les maraudeurs - français, suisses et italiens - ont donc gravi dans le froid les sentiers enneigés de la station, à 1 800 mètres d'altitude.

Sur le front de neige de Montgenèvre, à l’heure des dameuses, le petit groupe de maraudeurs est guidé par Pierre, qui vient en aide aux migrants depuis trois ans : "Il faut essayer d’être un peu vigilant, regarder autour de nous", confie Pierre. "Il faut se rendre compte que tout ce que vous avez autour de vous, le moindre petit recoin, c’est aussi une cachette où les gens se mettent à l’abri parce qu’ils n’ont pas envie de vous voir", explique-t-il.

On essaie d’être discret parce que les personnes que l’on rencontre sont plutôt apeurées. Elles ne savent pas de quel côté on est.Pierre, bénévoleà franceinfo

Les migrants se cachent parfois dans des cabanes, sous des abribus, dans des toilettes publiques ou des abris poubelles. La plupart du temps, quand les maraudeurs les retrouvent, ils ne sont vêtus que d’un jean et d’une paire de basket. Corinne Torre, responsable au niveau national de Médecins sans frontières déplore : "Il y a eu des morts. On défie quiconque de pouvoir rester dans des conditions comme ça, à -15 degrés l’hiver. C’est extrêmement dangereux."

Ils se font pourchasser par la police et se blessent. Ils peuvent tomber, ils peuvent mourir.Corinne Torre, de Médecins sans frontièresà franceinfo

Trois migrants ont perdu la vie, deux autres ont disparu l’année dernière, en tentant de franchir la dizaine de kilomètres qui séparent Clavière, en Italie, de Briançon. Côté français, ils sont 200 bénévoles à venir régulièrement secourir les migrants. Même si certains ont été condamnés après des actions parfois houleuses, cela ne dissuade pas Gaspard, guide de haute montagne. "C’est de la bienveillance, comme il y en a chez les marins. Cela me semble être tout à fait logique", estime-t-il. Quand on voit les montagnes ici, illuminées et pleines de touristes... Pour eux, ce n’est pas la magie de Noël, la féerie de la neige."

C’est parfois aussi dur que de traverser la Méditerranée. Ils l’appréhendent avec la même peur, la même crainte.Gaspard, guide de haute montagneà franceinfo

Vendredi soir, aucun migrant n’a été secouru sur les pentes glacées de Montgenèvre, mais depuis le début de l’année, plus de 4 000 exilés, en provenance d’Italie, sont parvenus jusqu’à Briançon.

Le reportage de Sébastien Baer.
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