Gérard Collomb plaide pour davantage de renvois des migrants "économiques"

Le ministre de l\'Intérieur Gérard Collomb s\'entretient avec des pompiers, samedi 5 août à Paineca, en Corse.
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb s'entretient avec des pompiers, samedi 5 août à Paineca, en Corse. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Le ministre de l'Intérieur a accordé une interview au "Journal du dimanche" dans laquelle il évoque la politique migratoire du gouvernement.

La France veut continuer à ouvrir ses portes aux réfugiés, mais à eux seuls. Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, publié dimanche 6 août, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb estime que les réfugiés doivent être accueillis plus rapidement et les migrants économiques effectivement reconduits, pour empêcher qu'à terme le droit d'asile soit "remis en cause".

"Les enquêtes d'opinion montrent une réticence de plus en plus grande" des Français sur la question de l'accueil des migrants, a-t-il averti. "Si l'on ne fait pas la distinction entre le droit d'asile et les autres motifs de migrations, ce sera le droit d'asile qui sera remis en cause."

Notre politique doit toujours concilier efficacité et générosité. Nous accueillons tous ceux qui fuient guerres et persécutions, mais nous distinguons les réfugiés de ceux dont la migration obéit à d'autres ressorts, notamment économiques.Gérard Collombau "JDD"

Une situation "extrêmement complexe" à Calais

Le ministre a annoncé lundi la création, dans les Hauts-de-France, de deux nouveaux centres pour les migrants errant à Calais (Pas-de-Calais) dans l'espoir de rejoindre l'Angleterre. La situation y "demeure extrêmement complexe", estime Gérard Collomb. Environ 350 migrants sont toujours présents sur place, neuf mois après le démantèlement de la "jungle", et une centaine à Grande-Synthe (Nord), d'après le ministre.

"Il s'agit d'accueillir, mais aussi d'organiser des retours", a insisté Gérard Collomb, citant le cas des immigrés albanais. Selon lui, "20% des places en centre d'accueil et de demandeurs d'asile sont occupés par des gens qui viennent d'Albanie, sans visa, et qui font une demande d'asile en arrivant en France". "En 2016, 1 140 personnes y ont été renvoyées. Et j'ai donné des consignes aux préfets pour que ce mouvement soit accentué", a déclaré Gérard Collomb.

Cette distinction entre demandeurs d'asile et migrants économiques avait déjà été évoquée le 12 juillet par le gouvernement, lors de la présentation d'un "plan migrants" qui prévoit notamment plus de 12 000 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés d'ici 2019.