Démantèlement de la "jungle" de Calais : les voisins satisfaits mais vigilants

Les équipes de démolition sont à pied d\'oeuvre, le 27 octobre 2016, pour finir le démantèlement du camps de migrants de Calais.
Les équipes de démolition sont à pied d'oeuvre, le 27 octobre 2016, pour finir le démantèlement du camps de migrants de Calais. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Depuis des années, une grande majorité de Calaisiens demandaient aux autorités d'agir. L'opération de démantèlement terminée, ils semblent satisfaits mais restent vigilants.

Dès lundi 31 octobre, il n'y aura "plus de camp" prévoit la préfecture du Pas-de-Calais. Au total, 5 596 personnes ont été "mises à l'abri", dont 1 500 mineurs, hébergés dans les containers du centre d'accueil provisoire. Ces jeunes gens sont partis pour l'Angleterre ou sur la route d'un des nouveaux centres d'accueil pour mineurs (Camoi) créés pour l'occasion. Il en existe une dizaine un peu partout en France.

Il y a un an, un peu plus d'un demi-millier de Calaisiens défilaient contre le développement incontrôlé de la "jungle". À l'époque, Sandrine était à l'initiative du collectif Calaisiens en colère. Aujourd'hui, elle s'étonne de voir encore des migrants dans la région. Le démantèlement, pas assez préparé selon elle, a été "mal fait". Cette Calaisienne regrette notamment que la date du début de l'opération ait été donnée en avance : "Les réfugiés sont partis (...) car ils avaient peur. De toute manière, ils vont revenir à Calais parce qu'ils veulent aller en Angleterre."

Xavier, un agriculteur, possède 150 hectares de champs à proximité de parkings pour camions. Depuis une quinzaine d'années, il assiste au même va-et-vient de migrants, bien décidés à rejoindre l'Angleterre. Ses clôtures ont été arrachées, ses cultures piétinées et des bottes de foin volées. Xavier a dépensé près de 35 000 euros pour réparer les dégâts. Cet agriculteur a rencontré à trois reprises le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. 

Il nous avait promis le démantèlement, donc je le féliciteXavier, agriculteur calaisien

Néanmoins, il reste méfiant : "Nous sommes vigilants. Nous ne voulons pas l'installation de squats. Avec la police et la gendarmerie, nous allons tout mettre en œuvre pour qu'ils ne se réinstallent pas ailleurs par petits groupes.

Les 1 250 policiers mobilisés depuis lundi vont encore rester quelques jours dans la région. Leur mission : empêcher le retour de migrants autour de Calais