"Ce n'est pas facile de dormir dehors, on est épuisés" : un nouveau camp de migrants s'est reformé au nord de Paris

Ils sont environ 150 réfugiés à vivre dans ce camp de migrants situé au pied du Stade de France en Seine-Saint-Denis, le 18 août 2020.
Ils sont environ 150 réfugiés à vivre dans ce camp de migrants situé au pied du Stade de France en Seine-Saint-Denis, le 18 août 2020. (BENJAMIN MATHIEU / RADIO FRANCE)

Fin juillet, les autorités avaient évacué un camp à Aubervilliers où vivaient 1 500 réfugiés dans des conditions insalubres. Les associations dénoncent une situation qui tourne en rond.

Au pied du Stade de France, en Seine-Saint-Denis, des petites tentes de camping sont alignées sur un talus, sous le viaduc de l'autoroute A1. Islan, un réfugié afghan qui dort dans le camp, les compte : il y en a 96. Les tentes sont parfois partagées par plusieurs personnes. Il y a donc environ 150 migrants, principalement des Afghans, dans ce nouveau camp à Saint-Denis, au nord de Paris. Les autorités avaient pourtant évacué celui d'Aubervilliers le 29 juillet dernier, où 1 500 réfugiés vivaient dans des conditions insalubres.

Islan fait partie des tout premiers à dormir le long de cet accès à l’autoroute A1, à quelques centaines de mètres du Stade de France. Il y a deux semaines, ils étaient seulement quatre. "Il y a des nouveaux arrivants tous les jours, explique-t-il. Ils viennent d’Italie ou de Belgique pour faire une demande d’asile." Auparavant, le jeune afghan dormait dans le camp d'Aubervilliers. Sa situation administrative est compliquée. Comme souvent, il dit attendre une mise à l’abri. Mais en attendant, il vit dans le bruit des voitures, dans ce camp qui ne fait que grossir.

En deux semaines, on est déjà à plus de 100 personnes. Dans un mois, on va être à trois ou quatre fois plus !Islan, réfugié afghan

À quelques kilomètres, porte de la Chapelle à l’entrée de Paris, des bénévoles de l'Armée du salut distribuent, comme tous les matins, un petit déjeuner aux migrants. Maël, coordinateur de l'association Utopia 56, a l'impression que la situation tourne en rond : "C’est toujours le même cycle que l’on observe depuis 2015. Après chaque évacuation, les pouvoirs publics partent du principe qu’il n’y a plus personne à la rue, sauf qu’il y a de nouvelles arrivées."

Tant qu’on reste sur le même paradigme de gestion des exilés et des demandeurs d’asile qui arrivent en France, il y aura toujours des campements qui se reformeront, malheureusement.Maël, coordinateur de l'association Utopia 56

Une situation incompréhensible pour Abi Whula, un autre réfugié afghan : "S'il vous plaît, écoutez nous ! Ce n'est pas facile de dormir dehors. On est épuisés. On est comme vous, on est des êtres humains. Si vous étiez dans ma situation, vous ressentiriez la même chose." En attendant une nouvelle mise à l'abri, quand le camp sera jugé trop grand, ces réfugiés vont encore dormir dehors, le long de l'autoroute.

A Saint-Denis, au nord de Paris, un nouveau camp de migrants s'est reformé - le reportage de Benjamin Mathieu
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