Nouvelle opération de SOS Méditerranée : "L'Ocean Viking est beaucoup plus performant que l'Aquarius"

Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée, lors d\'une conférence de presse le 5 octobre 2018, à Marseille. 
Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée, lors d'une conférence de presse le 5 octobre 2018, à Marseille.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

L'association a annoncé une nouvelle campagne pour secourir les migrants naufragés au large des côtes de la Libye avec un nouveau navire, l'Ocean Viking. Sophie Beau, directrice générale de l'association, détaille l'opération sur franceinfo. 

"Nous repartons avec un nouveau bateau qui s'appelle Ocean Viking. C'est un bateau qui est beaucoup plus performant que l'Aquarius, beaucoup plus maniable et beaucoup plus rapide", a déclaré Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée, dimanche 21 juillet, sur franceinfo.

L'association de sauvetage des migrants a annoncé le lancement d'une nouvelle campagne au large des côtes libyennes, sept mois après l'immobilisation de son navire l'Aquarius, privé de pavillon. "Comme pour l'Aquarius, notre nouveau bateau va se positionner dans les eaux internationales, au large de la Libye, car c'est la zone la plus mortelle au monde", a continué Sophie Beau. L'opération a un coût "de 14 000 euros par jour, ce qui est considérable", précise la directrice de l'association, qui lance aujourd'hui un appel aux dons.

franceinfo : Aujourd'hui, avec quel bateau repartez-vous ?

Sophie Beau : Nous repartons avec un nouveau bateau qui s'appelle "Ocean Viking". C'est un navire qui a un pavillon norvégien. Il fait route aujourd'hui vers la zone de sauvetage dans les eaux internationales dans la mer Méditerranée centrale. Ce pavillon de la Norvège nous semble un pavillon très solide car les autorités norvégiennes ont toujours soutenu le sauvetage en mer, c'est un État connu pour son respect du droit au niveau international. Nous avons aménagé pendant deux mois le pont arrière de ce navire qui fait presque 70 mètres. Nous avons mis des conteneurs qui vont permettre d'abriter les personnes secourues, les femmes et les enfants d'un côté et les hommes d'un autre côté. Puis, nous avons aussi des conteneurs pour notre clinique, mise en place par notre partenaire Médecins sans frontières. Cela va vraiment nous permettre d'améliorer l'accueil, la protection et les soins des rescapés à bord. Ce bateau est plus performant que l'Aquarius et plus adapté à nos opérations pour la recherche en mer. Nous allons pouvoir mieux détecter les embarcations, nous avons plus de radars, plus d'équipements infra-rouges. Ce bateau est plus adapté à la mission de sauvetage en elle-même car il est beaucoup plus maniable et plus rapide. Ce bateau est prêt à accueillir plusieurs centaines de personnes en détresse. Comme pour l'Aquarius, il va se positionner dans les eaux internationales, au large de la Libye, car encore une fois c'est la zone la plus mortelle au monde. On reste évidemment dans les eaux internationales, on ne rentre pas dans les eaux libyennes et on ne l'a jamais fait.

Avez-vous l'intention de forcer l'entrée des ports ?

Non, ce n'est pas du tout la manière de faire de SOS Méditerranée. Nous avons toujours respecté le droit international et le droit maritime, les instructions maritimes qui nous ont été données. Jusqu'à présent, nous avons toujours pu débarquer les personnes dans un port sûr. Normalement, les États ont l'obligation d'organiser le débarquement des personnes. C'est vraiment une injonction du droit maritime et on espère bien que les États européens vont enfin se mettre d'accord pour enfin mettre en place un mécanisme de débarquement coordonné, ce qui n'est pas encore le cas, malgré toutes les promesses faites depuis un an. On espère vraiment que les États vont pouvoir avancer sur ce mécanisme de coordination car c'est une obligation au regard du droit international. Une fois de plus, SOS Méditerranée exhorte les États européens à prendre leurs responsabilités. Notre responsabilité à nous, c'est de retourner en mer le plus vite possible car cela reste une zone d'urgence humanitaire et la zone migratoire la plus mortelle au monde, mais il faut aussi que les États prennent leurs responsabilités.

Combien va coûter une une telle opération de sauvetage en mer ?

Les moyens sont les mêmes que pour l'Aquarius. Nous avons treize marins sauveteurs, neuf médecins, neuf personnes dédiées à la navigation. Le coût de ces opérations est de 14 000 euros par jour, ce qui est considérable. Nous lançons aujourd'hui un appel aux dons et à la mobilisation citoyenne pour que les citoyens européens nous donnent les moyens de l'indépendance de nos actions. On a réussi à mettre à l'eau le bateau, mais il faut maintenant que cette mission se poursuive dans le temps.

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