Migrants : "L'humanité est en train de quitter l'Union européenne", s'alarme France terre d'asile

42 migrants sont bloqués à bord du Sea-Watch depuis deux semaines.
42 migrants sont bloqués à bord du Sea-Watch depuis deux semaines. (- / LOCALTEAM)

L'association s'inquiète du sort des migrants alors que le navire Sea-Watch a forcé le blocus des eaux territoriales italiennes pour tenter de débarquer 42 personnes. 

"L'humanité est en train de quitter l'Union européenne", s'est alarmé mercredi 26 juin sur franceinfo Pierre Henry, le délégué général de France terre d'asile, alors que le navire humanitaire Sea-Watch a forcé le blocus des eaux territoriales italiennes pour tenter de débarquer sur l'île de Lampedusa les 42 migrants bloqués à bord depuis deux semaines. "Je ne sais pas quel monstre cela va enfanter, mais il y a lieu de s'inquiéter", insiste Pierre Henry.

42 personnes bloquées à bord 

"Le bateau erre au large de l'Italie", depuis 13 jours avec 42 personnes à bord, fait remarquer le délégué général de France terre d'asile. Selon lui, "les États de l'Union se taisent et détournent le regard parce qu'ils sont dans l'incapacité depuis plus d'un an, voire deux ans, de prévoir un mécanisme de débarquement dans des ports sûrs. Donc les scénarios se reproduisent".

Pierre Henry rappelle que l'on assiste actuellement à la troisième guerre en Libye "qui fait des centaines de morts et des milliers de déplacés, cette Libye qui torture les migrants. C'est cette situation devant laquelle nous sommes".

Les États se réveillent "sous la pression médiatique"

Sea-Watch et les ONG qui interviennent en Méditerranée "pallient l'absence de capacité d'intervention maritime des États membres de l'Union", estime France terre d'asile. Il n'y a plus de force maritime. Que les ONG interviennent et se substituent pour une mission de sauvetage des migrants qui partent de la prison Libye, c'est simplement maintenir une humanité commune".

Pour Pierre Henry, "le scénario le plus probable c'est que les États membres se réveillent sous la pression médiatique, et qu'au bout de 15 jours ou trois semaines on arrive à se répartir ces 42 personnes".

"Nous ferons usage de tous les moyens démocratiquement permis pour bloquer cette insulte au droit et aux lois", a déclaré mercredi 26 juin le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini après le passage en force de Sea-Watch. Pour le délégué général de France terre d'asile, par l'absence de réactions des membres de l'UE, "nous alimentons les cris de vainqueurs de l'extrême-droite en Europe dont Salvini est le sinistre représentant".

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