"Aquarius" : "Un certain nombre d'États ont des réflexes extrêmement frileux, pour ne pas dire xénophobes et racistes"

Gilles Simeoni est le président du Conseil exécutif de la Corse
Gilles Simeoni est le président du Conseil exécutif de la Corse (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Le président du Conseil exécutif de la Corse Gilles Simeoni s'est exprimé mardi sur franceinfo après les refus de plusieurs pays européens d'accueillir le navire humanitaire.

"La question se pose de leur place dans l'Union européenne", a estimé sur franceinfo mardi 14 août Gilles Simeoni, le président du Conseil exécutif de Corse, à propos de la frilosité de certains pays européens à accueillir l'Aquarius.

Le navire humanitaire de l'ONG SOS Méditerranée, bloqué en mer depuis vendredi avec 141 migrants à son bord, a finalement reçu l'autorisation d'accoster à Malte alors que le pays refusait initialement de l'accueillir, tout comme l'Italie. La France s'était quant à elle estimée trop éloignée du navire pour l'accueillir.

Le projet européen est un projet de solidarité et d'humanisme. On ne peut pas envisager que, quelles que soient les difficultés, on laisse mourir des gens sans rien faire à quelques centaines de kilomètres de nos côtesGilles Simeonià franceinfo

Gilles Simeoni estime que, si la situation actuelle perdure, "nous risquons d'y perdre notre âme et je crois que les citoyens européens, dans la diversité de leur convictions, ne le veulent pas."

Gilles Simeoni avait quant à lui proposé d'accueillir l'Aquarius dans un des ports corses. Il a d'ailleurs écrits aux présidents des îles et régions de Méditerranée pour faire position commune sur le sujet.

Nos moyens sont limités et c'est plutôt par la multiplication d'initiatives de ce type que cela va fonctionnerGilles Simeoni

"C'est aussi un message politique qui est envoyé à nos États respectifs pour leur dire : 'Assumez vos responsabilités, prenez des décisions", affirme-t-il également. Gilles Simeoni se dit convaincu que "l'essentiel de la décision est entre les mains des États-membres et de l'Union européenne" dans ce genre de dossiers mais uniquement "jusqu'à présent, il n'y a pas eu la volonté de mettre en place une véritable politique globale."

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