"Aquarius" : Christiane Taubira fustige le "silence" du gouvernement français

Christiane Taubira participe à un débat à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 5 juin 2017.
Christiane Taubira participe à un débat à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 5 juin 2017. (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP)

L'ancienne garde des Sceaux socialiste publie une tribune dans "Le Journal du dimanche".

Sa tribune est intitulée "Aquarius : Espagne, notre lueur". L'ancienne garde des Sceaux socialiste Christiane Taubira plaide, dimanche 17 juin dans Le Journal du dimanche, en faveur de l'accueil des migrants de l'Aquarius, fustigeant le "silence" de la France alors que les premiers migrants sont entrés dans le port de Valence (Espagne).

Elle énumère tout d'abord les épisodes où la France a accueilli des réfugiés en nombre : de la guerre d'Espagne en 1936 à celle des Balkans en 1990, en passant par les "boat people" et les rapatriés d'Algérie. "Il n'est pas question de dire ici qu'il est simple d'accueillir. Il ne s'agit ni d'enjoliver, ni de banaliser, ni même de dédramatiser. Ce n'est pas un conte", convient-elle.

"La panique gagne"

"La population augmenta par pics et il en résulta sans doute des pressions sur les services publics, il fallut partager, il y eut des tensions. Mais le fait est : la société ne s'est ni effondrée ni même affaiblie, poursuit-elle. Elle absorba une part du monde et s'en épanouit, dans sa langue, sa gastronomie, ses arts, ses artisanats, sa littérature... "

"L'Europe avait une occasion d'exister, de retrouver son magistère éthique sur une scène internationale pleine de fracas, où prospèrent la crânerie, la fourberie, l'ivresse de l'impunité, le désarroi", affirme l'ancienne ministre de la Justice. "Au lieu de cela, la panique gagne. La Chancelière [allemande] recule, l'Italie bascule", accuse-t-elle. "Chez nous, des porte-parole font dans le marketing de l'oxymore avec la 'fermeté-humanité'. Chez nous toujours, des ministres font dans l'anglicisme de l'indécence sur le shopping et le benchmarking. Quand ce n'est pas carrément le silence…" poursuit-elle, en référence à des termes utilisés par les ministres des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, et de l'Intérieur, Gérard Collomb.