Aide d'urgence aux migrants de Calais : "La solution n'existe pas, il faut essayer de diminuer la souffrance de ces gens"

Des migrants au milieu d\'un champ, le 28 juillet 2017, près du port de Calais (Pas-de-Calais).
Des migrants au milieu d'un champ, le 28 juillet 2017, près du port de Calais (Pas-de-Calais). (DENIS CHARLET / AFP)

Christian Salomé, président de l'association l'Auberge des migrants, a estimé, samedi sur franceinfo, qu'il faut "essayer de diminuer la souffrance de ces gens".

Le rapporteur public du Conseil d’État a recommandé, vendredi 28 juillet, à l’État d’aider d’urgence les migrants avec l'installation de points d'eau et de sanitaires. Il suit ainsi la décision du tribunal administratif de Lille (Nord) dont la décision était contestée par la ville de Calais et le ministère de l'Intérieur. Il faut "au moins laisser ces gens se laver et leur fournir de l'eau", a estimé, samedi sur franceinfo, Christian Salomé, président de l'association l'Auberge des migrants.

franceinfo : "Des points d'eau, on l'a fait. Cela finit par devenir des squats", a réagi Emmanuel Agius, le premier adjoint au maire de la ville de Calais. Que vous inspire cette déclaration ?

Christian Salomé : Je pense qu'il faut trouver un équilibre. Nous sommes dans une situation inextricable. La frontière anglaise est fermée et des centaines gens veulent à tout prix passer en Angleterre pour rejoindre leur famille. Résultat : ils arrivent sur Calais qui est le point de passage le plus évident. Là, ils essaient désespérément de passer. Le problème pour l'instant est d'essayer de trouver un équilibre afin d’éviter les traitements dégradants et inhumains, comme l'a dit le rapporteur du Conseil d'État. Il faut au moins laisser ces gens se laver et leur fournir de l'eau. Mais, ce n'est pas du tout une solution. C'est évident. Tant qu'il y aura des guerres, l'Angleterre en face de Calais, une frontière fermée, et des gens qui ont une raison valable d'y aller, la solution n'existe pas. Il faut simplement essayer de diminuer la souffrance de ces gens tant que l'on n'arrive pas à résoudre le problème.

Dans quelles conditions vivent les migrants à Calais ?

Nous distribuons tant bien que mal de la nourriture, mais nous sommes parfois empêchés. La nourriture est parfois aspergée de gaz lacrymogène par les CRS, c'est lamentable. Il y a un gros problème d'hygiène, car ils n'ont pas les moyens de prendre des douches. Ils dorment dehors, à la belle étoile alors qu'il fait froid. Il faut savoir qu'il y a, parmi eux, un bébé d'un mois.

Qu'est-ce que vous pouvez faire si la ville de Calais décide de ne pas respecter la décision du Conseil d'Etat ?

Nous, on ne peut rien faire. Pour la maire de Calais et sénatrice, madame Natacha Bouchart, refuser de respecter la justice du pays, la justice internationale et obliger les gens à vivre dans des situations dégradantes, c'est dommage d'en arriver là.

"Il y a un gros problème d'hygiène, car ils n'ont pas les moyens de prendre des douches", Christian Salomé
--'--
--'--