Aide aux migrants : la condamnation de Cédric Herrou "montre que la justice a su faire la part des choses"

L\'agriculteur Cédric Herrou quitte le tribunal de Nice, le 4 janvier 2017, lors de son procès.  
L'agriculteur Cédric Herrou quitte le tribunal de Nice, le 4 janvier 2017, lors de son procès.   (AFP)

Jean-François Dubost, d'Amnesty International, a salué vendredi la clémence de la justice concernant Cédric Herrou, poursuivi pour aide à l'immigration clandestine.

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné vendredi 10 février Cédric Herrou à 3 000 euros d'amende avec sursis pour avoir pris en charge des migrants sur le sol italien. "Cela montre que la justice a su faire la part des choses, entre ce qui relevait du geste humanitaire et ce qui était l'avis du procureur et de responsables politiques consistant à penser qu'il y avait là un geste politique", affirme vendredi sur franceinfo Jean-François Dubost, responsable du programme "protection des population" pour l'ONG Amnesty International France.

franceinfo : Êtes-vous satisfait de cette décision ?

Jean-François Dubost : Cela montre surtout que la justice a su faire la part des choses entre ce qui relevait du geste humanitaire et de solidarité vis-à-vis de personnes complètement démunies, et ce qui était l'avis du procureur et de bon nombre de responsables politiques dans la région consistant à penser qu'il y avait là un geste politique.

Cela remet ce geste sur le terrain de l'humanité.Jean-François Dubostà franceinfo

Cédric Herrou n'est pas le premier, il ne sera pas le dernier ?

Absolument. Cette levée de gestes de solidarité n'est que la conséquence de la façon dont les autorités françaises gèrent la situation à la frontière. Elles ne respectent pas les règles et procédures et les droits des personnes qui sont contrôlées à la frontière. Elles placent les migrants dans des situations difficiles et c'est pour ça que les citoyens se mobilisent.

Le rapport d'Amnesty International rappelle que ce n'est pas parce que le contrôle aux frontières est rétabli qu'on a le droit de renvoyer sans formalité tous les migrants qui viennent d'Italie ?

C'est même l'inverse. Nous ne contestons pas le rétablissement du contrôle aux frontières, lié notamment aux attentats. Mais nous disons que lorsqu'il y a contrôles aux frontières, des règles se mettent en place. Elles obligent les autorités françaises à vérifier la situation des personnes, par exemple identifier les enfants. Aujourd'hui, les enfants sont renvoyés comme s'il s'agissait d'adultes. Et le droit d'asile ne peut pas être demandé à la frontière, alors que c'est un droit fondamental garanti par la Constitution.

Est-il impossible de déposer une demande d'asile aujourd'hui dans les Alpes-Maritimes ?

Dans le département, c'est possible. À la frontière entre la France et l'Italie, là où techniquement et juridiquement, il serait possible de demander l'asile, il n'y a pas eu de demande d'asile déposée en 2016, selon nos informations. Alors que ces personnes, qui viennent d'Erythrée, du Soudan, d'Afghanistan, sont largement reconnues réfugiées, lorsqu'elles arrivent à rentrer sur le territoire français. 

Aide aux migrants : la condamnation de Cédric Herrou "montre que la justice a su faire la part des choses", selon Jean-François Dubost
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