Action anti-migrants dans les Alpes : trois responsables de Génération identitaire condamnés à six mois de prison ferme

Des militants de l\'association d\'extrême droite Génération identitaire lors d\'une opération anti-migrants au col de l\'Echelle, dans les Hautes-Alpes, le 21 avril 2018.
Des militants de l'association d'extrême droite Génération identitaire lors d'une opération anti-migrants au col de l'Echelle, dans les Hautes-Alpes, le 21 avril 2018. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

Au printemps 2018, Génération identitaire avait monté une vaste une opération au col de l'Échelle, point de passage de migrants dans les Hautes-Alpes.

Le tribunal correctionnel de Gap (Hautes-Alpes) a prononcé, jeudi 29 août, des peines de six mois de prison ferme contre trois responsables de Génération identitaire. Les prévenus étaient poursuivis pour des "activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique". En cause : des actions anti-migrants menées par l'association d'extrême droite sur la frontière franco-italienne, au printemps 2018. Les trois hommes sont également condamnés à 2 000 euros d'amende et à cinq ans de privation de droits civiques, civils et familiaux. L'association a, elle, écopé de l'amende maximale de 75 000 euros.

Des migrants interceptés et remis à la police

Le 21 avril 2018, Génération identitaire avait monté une opération au col de l'Échelle, point de passage de migrants dans les Hautes-Alpes. Une centaine de personnes vêtues de la même doudoune bleue s'étaient mobilisées, avec deux hélicoptères, une banderole géante et une "frontière symbolique" matérialisée dans la neige par des grillages en plastique. Dans les semaines suivantes, les militants d'extrême droite avaient annoncé des interceptions de migrants et des enquêtes sur les passeurs. Selon Le Figaro (article payant), Génération identitaire avait annoncé, à l'époque, avoir remis "quatre clandestins" à la police et avoir repéré et signalé sept autres migrants, qui ont ensuite été arrêtés par les forces de l'ordre.

Dans sa motivation, que l'AFP a pu consulter, le tribunal a considéré que, "compte tenu de la nature extrêmement grave des faits, de l'importance du trouble à l'ordre public occasionné non seulement pendant leur période de commission mais de manière durable dans le département, de l'importance des valeurs protégées par les infractions reprochées et du passé pénal des prévenus", la prison ferme s'imposait. Pierre-Vincent Lambert, avocat des prévenus, a annoncé que ses clients feraient appel de la décision.

Vous êtes à nouveau en ligne