Accueil des migrants : "aucune volonté" des États membres de l'Union européenne

Près de 160 000 manifestants ont défilé à Barcelone (Espagne) samedi 18 février en faveur des migrants.
Près de 160 000 manifestants ont défilé à Barcelone (Espagne) samedi 18 février en faveur des migrants. (ALBERT LLOP / ANADOLU AGENCY)

Après la manifestation en soutien aux migrants samedi à Barcelone, François Gemenne, politologue, dresse pour franceinfo le bilan de l'accueil des réfugiés au sein de l'Union européenne. 

Un rassemblement géant en soutien aux migrants dans les rues de Barcelone (Espagne), samedi 18 février, a réuni près de 160 000 personnes. Les manifestants ont dénoncé les promesses d'accueil non tenues par le gouvernement Rajoy. L'Espagne s'était en effet engagée en 2015 à accueillir 17 000 réfugiés. Moins d'un millier d'entre eux sont finalement entrés dans le pays.

François Gemenne, chercheur en science politique à l'université de Liège (Belgique), était l'invité de franceinfo dimanche 19 février. Il a évoqué un problème global au sein de l'Union européenne : "La promesse de soulager les pays de premier accueil, c'est-à-dire l'Italie, la Grèce et la Hongrie, est loin d'être tenue, explique-t-il. Aujourd'hui, tous les États membres ont accueilli des quotas faméliques par rapport à leurs engagements de départs."

Ce plan de relocalisation, décidé en septembre 2015, est un échec total de l'Union européenne. Il n'y a aucune volonté politique de le mettre en place. François Gemennefranceinfo

La France, mauvaise élève

Le chercheur a notamment pointé du doigt l'Allemagne, pays pourtant décrit comme le bon élève en matière d'immigration. "Le pays considère qu'il en a déjà fait assez en accueillant déjà plus d'un million de réfugiés. Or, sur ce fameux plan de relocalisation, il n'a pas fait plus que les autres. Hormis la Finlande, qui a respecté un quart de son quota, tous les autres pays de l'UE sont en-dessous de 10%, comme en France."

Nous devions accueillir 24 000 réfugiés en France. Nous sommes à peine à 2 000.François Gemennefranceinfo

Le politologue a également pris l'exemple de la Pologne ou de la Slovaquie, "qui eux n'ont accueilli personne"

"Toutes les capitales européennes sont des mauvaises élèves" François Gemenne à franceinfo
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