Accident à Grande-Synthe : "Il y a en ce moment énormément de migrants sur le bord de l'autoroute"

Deux migrants marchent le long de l\'autoroute A25 le 14 février 2017, à hauteur de Steenvoorde (Nord). 
Deux migrants marchent le long de l'autoroute A25 le 14 février 2017, à hauteur de Steenvoorde (Nord).  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Les migrants subissent "un harcèlement continuel, quotidien" de la part de la police, a dénoncé lundi sur franceinfo Claire Millot, secrétaire générale de l'association Salam.

Un homme âgé d'une cinquantaine d'année a été interpellé lundi 25 décembre à son domicile à Dunkerque (Nord), dans l'enquête sur l'accident dans lequel un migrant a été grièvement blessé, la veille, à Grande-Synthe, sur l'autoroute A16, a appris France Bleu Nord, confirmant une information de LCI. L'Irakien de 22 ans est toujours entre la vie et la mort.

Selon Claire Millot, secrétaire générale de l'association Salam, invitée de franceinfo, "il y a en ce moment énormément de migrants qui sont sur le bord de l'autoroute, parce que quand vous ne connaissez pas la région, les directions sont nettes, indiquées." Elle estime qu'environ 200 migrants vivent en ce moment à Grande-Synthe.

franceinfo : pourquoi ce jeune homme se trouvait-il sur le bord de l'autoroute ?

Claire Millot : Il y a en ce moment énormément de migrants qui sont sur le bord de l'autoroute, parce que quand vous ne connaissez pas la région, les directions sont nettes, indiquées. Ils empruntent énormément l'autoroute, y compris à pied. Ils sont habillés en noir pour pouvoir se glisser dans les camions, ce qui fait qu'ils sont très difficilement visibles. Il y a un endroit où il est indiqué qu'il peut y avoir des piétons sur la chaussée, mais on ne peut pas rouler à 20 km/h et on ne peut pas les voir. J'ai toujours très peur d'en percuter.

Y a-t-il un dispositif pour qu'ils ne mettent pas leur vie en danger sur l'autoroute ?

Il n'y a pas de dispositif pour qu'ils ne mettent pas leur vie en danger, parce qu'il n'y a pas de dispositif du tout pour les aider. 

À Calais, tout est fait pour que les migrants partent, qu'ils soient invisibles, pour qu'ils soient découragés. La police détruit les tentes tous les jours.Claire Millot, secrétaire générale de l'association Salamà franceinfo

On a des amis qui ont amené trois tentes vendredi dernier, elles ne sont pas arrivées jusqu'au soir. Elles n'ont pas servi une seule nuit. C'est vraiment un harcèlement continuel, quotidien, c'est une vie qui est très très dure pour eux. À Grande-Synthe, la mairie a ouvert un gymnase (...) Il en reste qui sont dans les bois. La situation est aussi horrible qu'à Calais, sauf que la police est moins dure. Ce ne sont pas les mêmes autorités. Il y a des gazages systématiques à Calais qu'on n'a pas à Grande-Synthe. On estime à Grande-Synthe que l'espérance de vie d'une tente est deux ou trois jours, avant d'être ramassée par la police. À Calais, ce n'est même pas une journée.

Le projet du gouvernement de recenser les migrants dans les centres d'accueil d'urgence pour les orienter vers d'autres structures pourrait-il améliorer la situation des migrants à Calais et Grande-Synthe ?

Pour nous non, le but [du gouvernement] est de les faire partir. On a une majorité écrasante, plus de 75 %, peut-être 95 % qui ont des empreintes Dublin. S'ils ont laissé leurs empreintes dans un autre pays d'Europe avant d'arriver en France, ils doivent faire leur demande d'asile dans ce pays-là. Le recensement a pour but de repérer ceux qui ont leurs empreintes dans un autre pays d'Europe pour les y envoyer, et ceux qui n'ont pas obtenu le statut de réfugié, les déboutés, les renvoyer dans leur pays. Ces gens ont traversé la route des Balkans ou la Méditerranée, avec des dangers terribles. Certains des pays où on les renvoie sont extrêmement dangereux. On ne renvoie plus en Hongrie, mais on renvoie en Bulgarie. Et puis je ne comprends pas qu'on en renvoie en Italie, comme s'il y avait encore de la place pour les accueillir.

Grande-Synthe : "Il y a en ce moment énormément de migrants sur le bord de l'autoroute" Claire Millot, secrétaire générale de l'association Salam à franceinfo.
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