Migrants : Valls prône une répartition "plus équitable" entre les Etats de l'UE, mais s'oppose à des quotas

Le Premier ministre, Manuel Valls, lors d\'une cérémonie pour les 70 ans de la victoire des Alliés sur l\'Allemagne nazie, le 8 mai 2015, à Paris.
Le Premier ministre, Manuel Valls, lors d'une cérémonie pour les 70 ans de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie, le 8 mai 2015, à Paris. (LOIC VENANCE / AFP)

Le Premier ministre réagit au plan d'action pour l'immigration et l'asile présenté par la Commission européenne, qui veut forcer les Etats membres de l'UE à être solidaires, pour accueillir les réfugiés qui se pressent aux portes de l'Europe.

Manuel Valls ne veut pas de "quotas" pour la répartition de demandeurs d'asile dans les pays de l'Union européenne, contrairement à ce que propose Bruxelles, mais il prône une répartition "plus équitable" de ces réfugiés entre les Etats membres. Le Premier ministre a fait cette déclaration, samedi 16 mai, à l'occasion d'une visite en gare de Menton (Alpes-Maritimes), près de la frontière franco-italienne, où des centaines de migrants ont été arrêtés au cours des derniers jours.

FRANCE 2

Il répond ainsi à la Commission européenne, qui a présenté mercredi son plan d'action pour l'immigration et l'asile. Le projet prévoit des quotas obligatoires pour assurer une distribution équitable des réfugiés et, en cas de crise, un transfert des demandeurs d'asile entre les Etats de l'UE. "Ceci n'a jamais correspondu aux propositions françaises", réplique Manuel Valls.

"La France a déjà fait beaucoup"

"Ce que la France dit, c'est que les réfugiés doivent être répartis entre les Etats membres de façon plus équitable, poursuit le Premier ministre. Cela suppose de tenir compte des efforts déjà consentis par chacun. Aujourd'hui, la France, l'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède accueillent 75% des réfugiés, des demandeurs d'asile en Europe."

D'après le chef du gouvernement, "la France, déjà, a fait beaucoup", avec l'accueil de "5 000 réfugiés syriens et 4 500 irakiens" depuis 2012. "La France, non seulement fait des efforts pour accueillir, mais est aussi engagée dans des efforts militaires (...), elle répond aux défis que représentent le terrorisme et le trafic des migrants (...), estime Manuel Valls. Elle le fait pour sa propre sécurité, pour celle des pays d'Afrique, mais aussi pour celle de l'Europe et il ne faut pas l'oublier dans la répartition de l'accueil des réfugiés."

Près de 1 000 migrants interpellés ces derniers jours

La déclaration de Manuel Valls intervient après plusieurs jours d'opérations policières dans les Alpes-Maritimes, où 152 agents, pour l'essentiel issus de la police aux frontières (PAF), sont déployés pour contrôler les flux migratoires. Entre lundi et jeudi, les forces de l'ordre ont interpellé 944 migrants dans le département, selon des chiffres du préfet. Depuis le début de l'année, 54 passeurs ont également été arrêtés.

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