Martin Schulz élu président du Parlement européen

Martin Schulz, le 17 janvier 2012 à Strasbourg.
Martin Schulz, le 17 janvier 2012 à Strasbourg. (GEORGES GOBET / AFP)

L'ancien chef de file du groupe socialiste à Strasbourg a recueilli, mardi, 58 % des suffrages. Il devient le quatrième Allemand à accéder à la présidence du Parlement européen.

L'ambiance risque de changer à la tribune du Parlement européen de Strasbourg. Connu pour ses éclats de voix et sa ténacité, Martin Schulz en a été élu, mardi 17 janvier, président. Cet Allemand de 56 ans, social-démocrate, a reçu le soutien du Parti populaire européen (PPE), la principale formation politique du Parlement, ainsi que celui des Verts et de certains libéraux. Au final, il s'est adjugé 387 des 670 voix des députés européens, soit 58 % des suffrages.

Présenté comme un pourfendeur du "directoire franco-allemand", l'ancien homme fort du groupe socialiste, député depuis 1994, porte l'espoir des parlementaires européens qui comptent tenir tête aux gouvernements, accusés de gérer la crise "à huis clos", c'est-à-dire sans demander l'avis des institutions de l'Union européenne.

Devant les députés, Martin Schulz a promis de porter haut la voix de la démocratie et du Parlement en succédant au Polonais consensuel Jerzy Buzek : "Les décisions qui nous concernent tous sont prises par les dirigeants à huis-clos. C'est pour moi un retour vers un état de la politique européenne qu'on pensait surmonté depuis longtemps. Cela nous rappelle le temps du Congrès de Vienne, où les intérêts nationaux primaient et cela en dehors du contrôle démocratique."

République bananière

Encouragés dans cette voie et félicité par les chefs des différents groupes politiques du Parlement, Martin Schulz a également reçu le soutien du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso : "Il a raison d'avoir une vision ambitieuse du rôle du Parlement européen."

Mais tous les députés ne sont pas de grands admirateurs du quatrième Allemand qui prend la présidence du Parlement. Ainsi, Nigel Farage, député britannique eurosceptique, a affirmé que "seule une République bananière ou un pays du Tiers-Monde voudrait [de Martin Schulz] comme président."

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