Manuel Valls s'inscrit contre la directive européenne sur le travail détaché

(Manuel Valls sur un chantier de l'aéroport d'Orly le 5 mai 2016 © WITT/SIPA)

C'est une charge de Manuel Valls sur le travail détaché. Pour combattre le "dumping social", le premier Ministre menace de ne plus appliquer la directive européenne si celle-ci n'est pas revue. Depuis 1996, des salariés peuvent travailler dans d'autres États européens grâce à cette législation.

Manuel Valls met la pression sur Bruxelles. La France pourrait ne plus appliquer la directive européenne sur les travailleurs détachés, prévient-il. Le Premier ministre veut faire évoluer cette législation datant de 1996 car il estime qu'elle encourage le "dumping social".

La directive permet, en effet, à des salariés d'un pays de l'Union européenne de travailler quelques mois dans un autre État européen avec un régime dérogatoire. Ces travailleurs sont payés avec un salaire local mais ils cotisent dans leur pays d'origine. Or, ces cotisations sociales ne sont pas uniformes dans l'Union européenne. Le travail détaché peut ainsi mettre en péril certaines entreprises qui ne sont plus concurrentielles.

Pour des règles mieux harmonisées 

Le gouvernement a déjà renforcé les contrôles sur certains chantiers. Manuel Valls franchit donc une étape de plus : il veut convaincre les autres pays de l'Union européenne de changer les règles pour qu'il y ait une "égalité de traitement par le haut" . Car si la Commission européenne prépare une nouvelle directive sur le sujet, elle ne prévoit pas de s'attaquer à la question des charges sociales.

En France, les travailleurs détachés sont en majorité Polonais, Portugais et Espagnols. Ils seraient plus de 280 000, selon la Commission nationale de lutte contre le travail illégal. Mais il y a encore plus de Français détachés à l'étranger, ils étaient 300 000 en 2011, d'après les chiffres du Sénat.

Manuel Valls se lance donc dans une bataille qui risque d'être vive avec l'Europe de l'Est notamment. 11 pays ont déjà adressé un carton jaune à la Commission contre cette révision de la directive de 1996.