VIDEO. Ukraine : des députés nationalistes agressent le patron de la télé publique

DOROTHEE OLLIERIC - FRANCE 2

Des députés du parti nationaliste ukrainien Svoboda ont brutalisé le directeur général de la télévision nationale pour le contraindre à démissionner. Le parquet général a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire.

L'affaire s'apparente à une chasse aux sorcières et fait scandale au moment où l'Ukraine est engagée dans une douloureuse transition politique. Des députés du parti nationaliste ukrainien Svoboda ont brutalisé le patron de la télévision publique pour le contraindre à démissionner. L'agression s'est déroulée mardi 18 mars. Elle a été filmée. Le parquet général a annoncé, mercredi 19 mars, l'ouverture d'une enquête préliminaire. 

La télévision publique critiquée

Sur la vidéo, on voit les trois élus, dont le parti prend part au gouvernement de transition, faire irruption dans le bureau d'Olexandre Panteleïmonov, directeur général de la télévision nationale. Les trois hommes accusent le responsable, nommé début 2013 sous la présidence de Viktor Ianoukovitch, de propagande en faveur du pouvoir pendant le mouvement de contestation qui a conduit à la fuite du président Viktor Ianoukovitch. Face à son refus de quitter ses fonctions et à sa tentative de prendre la fuite, les élus le retiennent de force et l'obligent violemment à s'asseoir et à signer une lettre de démission.

La télévision publique a été accusée de mensonges et de propagande par les manifestants qui demandaient le départ de Viktor Ianoukovitch, tandis que les chaînes privées, critiques envers le mouvement de contestation au départ, ont rapidement adopté un ton plus neutre.

Levée de bouclier contre les trois élus

Dès mardi soir, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a dénoncé des "actes inadmissibles". Le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov a parlé d'agissements "monstrueux". L'ex-champion de boxe Vitali Klitschko, candidat à la présidentielle du 25 mai, a appelé les élus concernés à la démission, estimant que c'était au public et aux autorités de juger le travail d'Olexandre Panteleïmonov et "pas aux députés utilisant la force".

Oleg Tiagnybok, le chef de file du parti Svoboda, a également fait part de sa réprobation. L'un des députés en cause, Igor Mirochnytchenko, a présenté ses excuses, affirmant avoir agi "sous le coup de l'émotion". L'élu, lui-même ancien journaliste sportif, a cependant refusé d'abandonner son mandat, en l'absence d'une décision de justice en ce sens.

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