VIDEO. La Lettonie divisée par la crise ukrainienne

La crise ukrainienne peut-elle s'étendre à la Lettonie, qui dépend elle aussi du gaz russe ? Ce pays balte s'est placé il y a dix ans sous la protection de l'Otan et a rejoint l'Union européenne. Mais sa population, à 40 % russophone, est divisée.

Le 25 mars, la Lettonie commémorait la déportation des opposants en Sibérie après l'annexion par l'Union soviétique, en 1940. A Riga, la capitale, ce passé douloureux est ravivé par l'actualité ukrainienne. Deux messieurs font part de leur inquiétude : "Les Russes sont entrés ici d'abord pour y installer des bases militaires, et ça pourrait se répéter." "A l'époque, il y a eu une forte immigration russe. Cette population se fait aujourd'hui manipuler par la propagande de Moscou et peut créer des conflits ici."

Car à Riga, la moitié des habitants sont russophones et regardent la télévision russe - même si tous ne sont pas aussi russophiles qu'Irina, qui récite le couplet de "la Russie allée en Crimée uniquement pour protéger ses citoyens".

La question des "non-citoyens"

Depuis l'indépendance, il y a vingt-trois ans, la Lettonie n'a pas réussi à intégrer une partie de ses russophones : ils ont un statut de "non-citoyen", un passeport différent, et ne peuvent ni voter ni accéder à certains métiers. Beaucoup regrettent qu'on les assimile systématiquement à des pro-russes et dénoncent l'instrumentalisation de leur minorité. Comme dit Elizabete, "aimer Tolstoï ne signifie pas être d'accord avec Poutine ! C'est complètement différent, l'identité culturelle et l'identité politique".

Sur les panneaux de la ville, l'anglais est préféré au russe, mais le maire - proche du Kremlin - se montre pragmatique sur la nécessité de rapports commerciaux privilégiés avec Moscou. Et le passage incessant de trains de marchandises russes ne fait qu'appuyer ses dires...

Vous êtes à nouveau en ligne