Ukraine : sauvés des eaux, les "Ianoukoleaks" commencent à livrer leurs secrets

Un membre de l\'opposition récupérant des documents flottant dans le lac de la résidence présidentielle près de Kiev (Ukraine), le 22 février 2014.
Un membre de l'opposition récupérant des documents flottant dans le lac de la résidence présidentielle près de Kiev (Ukraine), le 22 février 2014. (ANDREY STENIN / RIA NOVOSTI / AFP)

Des milliers de documents ont été retrouvés dans la luxueuse résidence de Viktor Ianoukovitch. Des journalistes et des bénévoles les récupèrent et les mettent en ligne pour dénoncer les secrets du président déchu.

Avant de fuir le pays, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch et ses proches ont tenté de détruire des documents compromettants conservés dans la luxueuse résidence présidentielle. Si certains ont été brulés, une grande partie a simplement été jetée dans les eaux du lac de la propriété. Depuis, des journalistes les récupèrent et les numérisent pour dénoncer les secrets du clan Ianoukovitch. Surnommés les "Ianoukoleaks", ils sont mis en ligne au fur et à mesure sur le YanukovychLeaks.org, en référence à Julian Assange et son WikiLeaks.

Le système D des journalistes et bénévoles

Pris par le temps, les proches de Ianoukovitch ont fait au plus simple et balancé dans les eaux du lac voisin des classeurs complets.

Depuis, des bénévoles et des journalistes travaillent jours et nuits pour les sauver. Pour ce faire plusieurs techniques : utiliser une grosse soufflerie et des pistolets thermiques. 

Ou les disposer dans le sauna de l'ancien président.

Ou encore les faire sécher dans le garage, entre un camping-car et des bateaux de luxe.

Des dépenses astronomiques révélées

Depuis, les journalistes épluchent les devis et les factures qui sèchent. Et tombent des nues devant le train de vie du président déchu et de ses proches : "Une fourchette coûtait 2 000 euros, un petit cochon de bronze 102 500 euros", énumère Natalie Sedletska, une journaliste de Radio Svoboda rencontrée par Le Figaro. Le site du journal Ukrainskaya Pravda rapporte des dépenses de 1,2 million de dollars (soit 860 millions d'euros) en meubles ou de 10 000 dollars (7 200 euros) pour des plaques de noms d'animaux dans le zoo de la propriété.

"Les papiers révèlent les sommes astronomiques dépensées par l'ex-président mais aussi des indices faisant référence à du blanchiment d'argent. Même les professionnels de la lutte contre la corruption ont dû mal à croire ce qu'ils ont trouvé", s’indigne Tetyana Peklun, un membre du mouvement anticorruption Chesno interrogée par France24.

Des découvertes menacées par la corruption ? 

Une course contre la montre s'est engagée. Car pour l'instant, personne n'est venu les déranger. Tant que tous les documents n'ont pas été analysés, journalistes, bénévoles ou militants anticorruption ne savent pas sur qui ils peuvent compter à Kiev. L'équipe du site IanoukovitchLeaks.org tient également à ce qu'aucun document ne tombe dans les mains des hommes politiques de l'opposition. "Je ne connais que deux députés qui sont propres", explique l'un d'eux au Figaro. Mais pas sûr que cette tranquillité dure encore très longtemps, puisque mercredi 26 février, des représentants du nouveau procureur général de Kiev étaient sur place.

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