Hollande : "La Russie a pris le risque d'une escalade dangereuse"

François Hollande à l\'Elysée, le 19 février 2014.
François Hollande à l'Elysée, le 19 février 2014. (REUTERS)

Le président évoque "des événements d'une gravité exceptionnelle qui rappellent un temps que l'on croyait révolu". De son côté, Barack Obama estime que les déclarations de Poutine sur la Crimée "ne trompent personne". 

Le conflit entre Kiev et Moscou semble se déplacer sur le terrain économique. Alors que le russe Gazprom a annoncé un relèvement, dès avril, des tarifs du gaz accordés à l'Ukraine, Washington et Bruxelles ont annoncé des mesures d'aides financières pour soutenir Kiev. Voici ce qu'il faut retenir de la journée du mardi 4 mars, marquée par l'intervention médiatique de VladimirPoutine.

 Fin des exercices militaires dans l'ouest de la Russie. Vladimir Poutine s'est exprimé pour la première fois publiquement sur la situation en Ukraine. Le président russe a confirmé le retrait des troupes déployées dans le cadre d'exercices militaires près de la frontière ukrainienne. "Pour le moment, le besoin [d'une aide militaire] ne s'est pas fait sentir" en Crimée, a indiqué le président russe, tout en "se réservant le droit" d'y recourir en "dernier recours".

L'Union européenne va aider l'Ukraine à régler sa dette de deux milliards de dollars pour ses achats de gaz russe,et peut également lui fournir du gaz, a annoncé le commissaire européen à l'Energie, Gunther Oettinger. Par ailleur, le Parlement ukrainien a ratifié un texte prévoyant un prêt européen de 610 millions d'euros, alors que le pays se trouve dans une situation économique très délicate

Premières sanctions américaines. Sur le front diplomatique, les Etats-Unis ont "suspendu tous les liens militaires" entre Washington et Moscou à la suite de l'intervention russe en Crimée, a annoncé le Pentagone. Les services du représentant américain au Commerce ont annoncé la suspension de négociations bilatérales à venir dans les domaines du commerce et des investissements. 

John Kerry est à Kiev. A l'occasion de la visite symbolique à Kiev du secrétaire d'Etat américain, John Kerry, les Etats-unis ont annoncé qu'ils allaient accorder un prêt d'un milliard de dollars à l'Ukraine. John Kerry, qui s'est rendu sur la place Maïdan de la capitale ukrainienne, a accusé la Russie de chercher un "prétexte" pour "pouvoir envahir l'Ukraine" et l'a mise en garde contre tout risque d'isolement si elle persistait dans sa politique. De son côté, Barack Obama a estimé que les déclarations de Poutine sur la Crimée "ne trompaient personne"

 "Une escalade dangereuse", pour François Hollande. Le président français a estimé, mardi soir, que "la Russie a pris le risque d'une escalade dangereuse" en envoyant des troupes en Ukraine, soulignant la possibilité de recourir à "des sanctions" contre Moscou. Il a évoqué, lors d'un discours au Crif, "des événements d'une gravité exceptionnelle qui rappellent un temps que l'on croyait révolu, celui des ingérences, des interventions et des démonstrations militaires". "La seule option, je dis bien la seule option, c'est la négociation", a-t-il martelé.

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