Ukraine : l'ex-président Ianoukovitch fustige la politique "irresponsable de l'Occident"

L\'ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, le 21 février 2014. 
L'ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, le 21 février 2014.  (SERGEI SUPINSKY / AFP)

Il s'est exprimé lors d'une conférence de presse, depuis Rostov-sur-le-Don, une ville russe proche de la frontière ukrainienne.

Le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch sort du silence. Vendredi 28 février, il s'est exprimé lors d'une conférence de presse, depuis Rostov-sur-le-Don, une ville russe proche de la frontière ukrainienne. Il dénonce une prise de pouvoir par des "néo-fascistes" et fustige la politique "irresponsable de l'Occident".

A l'occasion de cette première prise de parole publique depuis sa destitution samedi, l'ancien président a annoncé qu'il n'avait "pas été renversé". Il a ainsi promis de "poursuivre la lutte pour l'avenir de l'Ukraine". Viktor Ianoukovitch a également déclaré avoir été contraint de quitter l'Ukraine après que sa vie et celles de ses proches ont été menacées. Selon lui, le pouvoir a été pris "par des jeunes gaillards nationalistes et pro-fascistes". Il a choisi la ville de Rostov, parce qu'il y a "un ami" chez qui il s'est rendu "pour trouver du réconfort", a-t-il expliqué.

"La Crimée doit rester ukrainienne"

Cependant, demander l'aide militaire de la Russie ne fait pas partie de ses options. "Toute action militaire est inadmissible et je n'ai pas fait de demande dans ce sens à la Russie", a-t-il expliqué. Le président déchu a confirmé qu'il avait discuté par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine après être arrivé en Russie, mais qu'il ne l'avait pas rencontré. Il s'est par ailleurs étonné du "silence" du président russe : "La Russie doit et est obligée d'agir, et connaissant le caractère de Vladimir Poutine, je me demande pourquoi il est si réservé et pourquoi il garde le silence." 

Pour Viktor Ianoukovitch, la Crimée, république autonome ukrainienne majoritairement russophone en proie à des velléités séparatistes, doit continuer d'appartenir à l'Ukraine, tout en conservant son autonomie. Il n'a en revanche pas précisé s'il comptait prochainement faire son retour. "Je rentrerai en Ukraine (...) dès que j'aurai des conditions et des garanties, notamment de la part des médiateurs internationaux, pour ma sécurité", a-t-il assuré.

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