Ukraine : l'ancienne opposante Ioulia Timochenko annonce sa candidature à la présidentielle

L\'ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko, lors d\'un congrès à Dublin (Irlande), le 6 mars 2014.
L'ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko, lors d'un congrès à Dublin (Irlande), le 6 mars 2014. (PETER MUHLY / AFP)

Elle avait pourtant indiqué qu'elle ne se porterait pas candidate, à sa sortie de prison, le 22 février.

L'ancienne opposante Ioulia Timochenko annonce, jeudi 27 mars, sa candidature à l'élection présidentielle ukrainienne. "Je prévois d'être candidate au poste de président", a déclaré l'emblématique ex-Première ministre lors d'une conférence de presse à Kiev, la capitale de l'Ukraine. "Aucun des hommes politiques ukrainiens qui se préparent à être candidats à la présidence ne prend la mesure de l'anarchie et ne s'apprête à l'arrêter", a-t-elle dit.

"J'étais en prison, j'ai été victime de toutes les horreurs du régime répressif. C'est pourquoi je suis plus proche du peuple. Les autres personnalités politiques n'ont pas cela", a-t-elle ajouté. Ioulia Timochenko a précisé qu'elle comptait solliciter les députés de son parti Batkivchtchina (Patrie), qui doit tenir son congrès le samedi 29 mars, pour qu'ils présentent officiellement sa candidature.

Pourquoi est-elle controversée ?

Surnommée "la dame de fer"Ioulia Timochenko s'est fait connaître en devenant l'égérie de la "Révolution orange" en 2004. Sa célèbre tresse blonde décolorée, relevée en couronne, aide à sa renommée internationale. Mais elle apparaît aussi comme une oligarque controversée. Pour de nombreux observateurs, son bilan, après avoir été deux fois Première ministre, se résume en 2010 à une paralysie politique, une "gabegie" et de la corruption, note Le Nouvel Obs.

Déjà candidate à la présidence en 2010, Timochenko est battue d'une courte tête par Viktor Ianoukovitch. L'année suivante, elle est condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir lors de la conclusion de contrats gaziers avec la Russie. Pour ses partisans et une partie des pays occidentaux, sa condamnation est motivée par des raisons politiques. Mais ses détracteurs ne se privent pas de pointer son parcours chaotique et ses problèmes judiciaires. 

Peu après son interpellation, Ioulia Timochenko entame une grève de la faim pour protester contre "les répressions politiques" en Ukraine. En vain. Malgré ses hernies discales, elle passe plus de deux ans en prison. La "dame aux tresses" est remise en liberté le 22 février, jour de la destitution du président Viktor Ianoukovitch par les contestataires de Kiev opposés à sa volte-face pro-russe. Elle brigue maintenant son poste, après avoir, dans un premier temps, indiqué ne pas être candidate. A 54 ans, elle dirige maintenant le parti Batkivchtchina.

A-t-elle une chance de l'emporter ?

Selon un sondage récent, c'est le milliardaire et homme politique Petro Porochenko qui a le plus de chances de l'emporter lors du scrutin du 25 mai, avec 24,9% des intentions de vote. Ioulia Timochenko arrive à la troisième place (8,2%) derrière le boxeur et chef du parti Oudar, Vitali Klitschko (8,9 %), précise Le Monde.fr. Le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, a annoncé qu'il ne serait pas candidat.

Le scrutin se déroulera dans le sillage d'une crise économique et politique majeure qui a conduit l'Ukraine au bord de la faillite et lui a coûté la perte de la Crimée, rattachée à la Russie.

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