Comment la Crimée se prépare à devenir russe

Un homme tient un drapeau soviétique devant le parlement de Crimée, à Simferopol, le 17 mars 2014.
Un homme tient un drapeau soviétique devant le parlement de Crimée, à Simferopol, le 17 mars 2014. (HANNIBAL HANSCHKE / DPA / AFP)

Si le dirigeant séparatiste Sergueï Aksionov avait estimé que la transition de toutes les institutions de Crimée vers la Russie prendrait au moins un an, tout s'est accéléré lundi.

L'empressement est visible. Après le vote du rattachement de la Crimée à la Russie, la transition s'organise dans la péninsulte ukrainienne, lundi 17 mars. Si le dirigeant séparatiste Sergueï Aksionov avait estimé que le passage de toutes les institutions de Crimée vers la Russie prendrait au moins un an, tout s'accélère. Francetv info détaille comment cette région se prépare à devenir russe.

Le parlement demande le rattachement à Moscou

Lundi matin, le parlement de la République de Crimée a appelé les "Nations unies et tous les pays du monde de la reconnaître comme un Etat indépendant". Dans le même temps, il a demandé à Moscou son "intégration en qualité de nouveau sujet de la Fédération de Russie avec statut de république", dans un texte adopté à l'unanimité par les 85 députés de l'assemblée.

Le rouble devient la monnaie officielle

"La devise nationale de la république de Crimée est désormais le rouble", a indiqué le parlement criméen dans un communiqué diffusé lundi matin. "Le passage dans la zone rouble, alors que toute l'économie de la Crimée est tournée vers l'Ukraine, conduira de facto à l'arrêt de cette économie", avait prévenu le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov. C'est peut-être pour cette raison que la hryvnia ukrainienne pourra être utilisée parallèlement à la monnaie russe jusqu'au 1er janvier 2016.

Le passage à l'heure de Moscou prévu pour le 30 mars

Le parlement a également annoncé que la péninsule allait abandonner symboliquement l'heure de Kiev, la capitale ukrainienne, et régler ses pendules sur celles de la capitale russe. Elles sont fixées à GMT+4, soit deux heures de plus qu'actuellement.

Les unités militaires ukrainiennes dissoutes

Toutes les unités militaires ukrainiennes basées en Crimée sont démantelées, a annoncé le président du parlement de Crimée lundi matin. Leur personnel a le choix entre quitter la région ou bien continuer à y résider et s'enrôler dans les forces armées de la république séparatiste de Crimée.

Les biens de l'Etat ukrainien "nationalisés"

Cette décision a également été votée par les 85 députés. Les biens confisqués ont été remis aux institutions et organes compétents de Crimée. Les entreprises pétrolières et gazières sont les premières visées.

L'une des premières "nationalisations" décidées lundi par le parlement de Crimée a visé les actifs de la société pétrolière publique ukrainienne Tchernomorneftegaz. Principale entreprise du secteur dans la région, elle s'occupe de l'exploration et de l'exploitation de gisements d'hydrocarbures dans la zone ukrainienne de la mer d'Azov et de la mer Noire, selon le site de la société.

Le parlement de Crimée a aussi nationalisé les biens de deux autres entreprises du secteur des hydrocarbures, Oukrtransgaz et l'Entreprise d'approvisionnement en hydrocarbures de Feodossia, dans le sud-est de la Crimée.

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