Vers une sortie de crise en Ukraine ?

Vladimir Poutine au téléphone, le 4 mars 2012 à Moscou (Russie).
Vladimir Poutine au téléphone, le 4 mars 2012 à Moscou (Russie). (ALEXEY DRUZHININ / RIA NOVOSTI / AFP)

Après un long coup de téléphone entre Vladimir Poutine et Barack Obama, les points de vue de la Russie et des Occidentaux semblent se rapprocher.

La destitution du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovtich par des pro-européens, puis le rattachement express de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie ont conduit à une confrontation au parfum de guerre froide entre Moscou et les Occidentaux. Mais après des semaines de tensions, l'heure est à l'apaisement. L'"escalade" militaire cède la place à la "désescalade" diplomatique. Moscou comme Washington affichent leur volonté de trouver une issue diplomatique à la crise en Ukraine, samedi 29 mars, au moment où démarre la campagne électorale en vue de la présidentielle ukrainienne.

Poutine téléphone à Obama

Pour la première fois, semble-t-il, depuis la décision des Etats-Unis et de leurs alliés européens d'imposer des sanctions à l'encontre de proches du président russe, Vladimir Poutine a téléphoné à Barack Obama, vendredi, pour discuter de la proposition américaine de sortie de crise. L'entretien entre les deux présidents a duré une heure et la conversation a été "franche et directe", a précisé un haut responsable de l'administration Obama.

Washington plaide pour le retour des forces russes dans leurs bases en Crimée, l'envoi d'inspecteurs internationaux pour surveiller si les droits des minorités sont respectés. La Maison Blanche prône un dialogue direct avec Kiev, facilité par la communauté internationale et la prise en compte des élections présidentielles en Ukraine.

Vladimir Poutine a "a proposé d'étudier les mesures que peut prendre la communauté internationale pour coopérer en vue d'une stabilisation de la situation", selon un communiqué publié sur le site de la présidence russe. Il a surtout appelé son homologue américain à œuvrer ensemble en vue d'une "stabilisation" en Ukraine.

Cette proposition américaine doit faire l'objet de discussions directes entre les chefs de la diplomatie des deux pays, John Kerry et Sergueï Lavrov, a annoncé la présidence américaine. Le dirigeant américain a également "suggéré que la Russie mette par écrit une réponse" à cette proposition.

Les points de vue russe et occidental "se rapprochent"

Après ce coup de téléphone, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé, samedi sur la chaîne russe Vesti, que les "points de vue" de la Russie et des Occidentaux sur la crise ukrainienne "se rapprochent". Selon le chef de la diplomatie russe, "la possibilité d'une initiative commune qui pourrait être proposée à l'Ukraine" "s'esquisse", notamment grâce aux "contacts avec l'Allemagne, la France et d'autres pays".

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé samedi que les points de vue de la Russie et des Occidentaux sur la crise ukrainienne se rapprochaient, ouvrant la voie à une possible "initiative commune", et a exclu toute nouvelle intervention militaire.

Le chef de la diplomatie russe a suggéré une "fédéralisation" de l'ex-république soviétique. Plusieurs pays occidentaux dont la France ont évoqué ces derniers temps la possibilité d'une "décentralisation" afin d'apaiser les tensions séparatistes dans certaines régions russophones de l'Est ukrainien.

Sergueï Lavrov a également de nouveau assuré que Moscou n'avait "absolument aucune intention ni intérêt" à traverser la frontière de l'Ukraine. Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait déjà indiqué qu'il avait reçu des assurances de Vladimir Poutine qu'il n'avait "aucune intention" d'envahir le sud ou l'est de l'Ukraine.

MARTINE LAROCHE-JOUBERT et ALBAN MIKOCZY - FRANCE 2

Une rencontre Kerry-Lavrov à Paris

Autre signe du réchauffement des relations entre Américains et Russes : le secrétaire d'Etat américain John Kerry rencontrera le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dimanche à Paris. La porte-parole du département d'Etat a annoncé samedi que John Kerry, dans un changement de programme de dernière minute, était en route pour Paris en vue d'un éventuel entretien sur la crise ukrainienne avec Sergueï Lavrov.

 

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