La France va livrer ses Mistral à la Russie, malgré la crise en Ukraine

Le \"Sevastopol\", l\'un des deux navires Mistral commandés par la Russie, aux chantiers de l\'Atlantique à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 24 avril.
Le "Sevastopol", l'un des deux navires Mistral commandés par la Russie, aux chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 24 avril. (STEPHANE MAHE / REUTERS)

Un conseiller de l'Elysée assure que les Mistral seront bien livrés comme prévu, selon les informations du "Monde", dimanche 11 mai.

La France va bien livrer deux navires de guerre de type Mistral à la Russie, selon les informations du Monde, lundi 12 mai. Le premier navire doit être livré en octobre 2014 et le second en 2015, pour un montant total de 1,2 milliard d'euros. Ces bâtiments de projection et de commandement (BPC) sont tous deux destinés à la flotte russe de la mer Noire.

"Ce contrat a été signé, il sera exécuté. Les Russes l'ont payé, une annulation entraînerait des pénalités", explique un "influent conseiller de l'Elysée" cité par Le Monde. Selon lui, il n'a jamais été question d'inclure les Mistral dans "l'inventaire des sanctions de niveau 3 actuellement à l'étude parmi les Européens". Mais ce choix suscite la polémique, alors que le dossier ukrainien mine les relations diplomatiques entre la France et le Kremlin.

Les Etats-Unis ont fait part de leurs inquiétudes

Le contrat a été signé en 2011, mais ces livraisons tombent au mauvais moment. L'exécutif a donc mis du temps à trouver sa ligne. Fin mars, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait déclaré que Paris pourrait "annuler ces ventes" si Moscou ne changeait pas de politique à l'égard de Kiev. Et son collègue à la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait ensuite reporté toute décision à octobre.

Interrogé à ce sujet, François Hollande a laissé paraître son agacement, samedi en Allemagne. "Ce contrat a été signé en 2011, il s'exécute et il trouvera son aboutissement au mois d'octobre prochain. Pour l'instant il n'est pas remis en cause." Reste à annoncer la nouvelle aux alliés de l'Otan. Les Etats-Unis avaient déjà fait part de leurs "inquiétudes à propos de cette vente", jeudi, par la voix de leur secrétaire d'Etat adjointe pour l'Europe Victoria Nuland.

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