L'Ukraine accuse Moscou d'avoir tué un ancien député russe en pleine rue

L\'ex-député de la chambre basse du Parlement russe Denis Voronenkov à Moscou, le 15 septembre 2015.
L'ex-député de la chambre basse du Parlement russe Denis Voronenkov à Moscou, le 15 septembre 2015. (REUTERS)

Denis Voronenkov avait quitté la Russie à l'automne dernier. Il a été tué à la sortie d'un hôtel de la capitale ukrainienne.

Un ancien député russe a été abattu en pleine rue à Kiev (Ukraine), jeudi 23 mars, alors qu'il sortait de son hôtel accompagné de son garde du corps. Ce dernier a répliqué et a blessé l'agresseur. Elu du parti communiste russe, Denis Voronenkov avait fui son pays à l'automne 2016, en compagnie de son épouse, avant d'obtenir la nationalité ukrainienne. Il se disait persécuté par les services secrets, rappelle le Guardian (en anglais).

Au moment de sa mort, il allait rencontrer Ilya Ponomarev, un autre ancien député russe. Ce dernier a présenté ses "condoléances" à son épouse, sur Facebook, en accusant nommément les forces de sécurité russes.

Denis Voronenkov aidait la justice ukrainienne à instruire le dossier en trahison visant l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch. L'ex-député russe avait aussi critiqué l'annexion par la Russie, en 2014, de la péninsule de Crimée, jusqu'alors ukrainienne. Le président ukrainien, Petro Porochenko, a estimé qu'il s'agissait là d'un "acte de terrorisme d'Etat de la part de la Russie, qu'il avait été contraint de quitter pour des raisons politiques". Le Kremlin a jugé cette accusation "absurde". 

Voronenkov avait été l'un des principaux témoins de l'agression russe contre l'Ukraine et, en particulier, du rôle de Ianoukovitch en ce qui concerne le déploiement de troupes russes en Ukraine.Petro Porochenko

Un peu plus tôt, Kiev a également accusé Moscou et les séparatistes russes d'avoir commis un "sabotage" dans un entrepôt d'armes et de munitions situé près de l'Est rebelle. Un incendie s'est déclaré dans la nuit et 20 000 personnes ont dû être évacuées. Le parquet militaire a ouvert une enquête pour sabotage mais aussi pour "négligence" mettant de facto en cause les soldats. Des témoins disent avoir aperçu le vol d'un appareil, semblable à un drone, avant le début des explosions à deux endroits différents.

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