Les Suisses disent "oui" à l'encadrement des rémunérations des grands patrons

(Michael Buholzer Reuters)

Les Suisses ont voté à près de 68 % pour l'initiative Minder, instaurant un plus strict encadrement des rémunérations des patrons d'entreprises cotées en Bourse. Le texte interdit également les parachutes dorés. La Suisse devient l'un des Etats les plus stricts au monde dans le domaine.

Les Suisses ont donc dit oui, à 67,9 %, ce dimanche à l'interdiction
des parachutes dorés pour les patrons, lors d'une initiative populaire contre
les "rémunérations abusives",
dite projet Minder, du nom de Thomas
Minder, homme d'affaires qui l'a proposée. Signe de l'unanimité des Suisses, tous les cantons ont dit "oui", une rareté.

Sur la télévision suisse RTS, Thomas Minder, chef d'entreprise et sénateur
UDC (Union démocratique du centre, droite populiste), s'est montré enthousiaste : "Le peuple a décidé de donner un signal
fort envers les conseils d'administration, le Conseil fédéral (gouvernement) et
le Parlement
", a-t-il analysé.

Plusieurs mesures

Le texte, qui ne sera pas adopté avant un an, s'il est adopté, instaure plusieurs mesures qui s'appliqueront
aux entreprises cotées en bourse. La durée du mandat des membres du conseil
d'administration sera limitée à un an. Les parachutes dorés et les primes pour des achats d'entreprises seront interdits. Dernière mesure, les rémunérations du conseil
d'administration et de la direction devront être approuvées obligatoirement par
l'assemblée générale des actionnaires.

La balle est désormais dans le camp législatif. Le gouvernement suisse, opposé au projet, avait élaboré un contre-projet, moins strict. Les joutes parlementaires ne font que commencer.

Vous êtes à nouveau en ligne