Les médicaments à base de tétrazépam retirés du marché aujourd'hui

(Alain Delpey Maxppp)

Le Myolastan et ses génériques, utilisés dans le traitement des contractures musculaires, sont retirés du marché français à compter de ce lundi 8 juillet. En cause, leur substance active, le tétrazépam, qui peut provoquer de rares mais graves réactions cutanées, parfois mortelles. De la famille des benzodiazépines, il est prescrit pour traiter les contractures douloureuses.

Le Myolastan et ses génériques ne sont plus dans les rayons des pharmacies. Ce décontractant musculaire, très utilisé depuis sa commercialisation en 1969, est retiré du marché à partir de ce lundi. Cette suspension est "accompagnée le même jour d'un rappel de toutes les boîtes disponibles sur le marché", a indiqué l'agence du médicament (ANSM).

De graves réactions

Utilisée comme traitement des contractures musculaires douloureuses en rhumatologie, cette benzodiazépine a un effet myorelaxant. Des effets indésirables cutanées et des réactions rares mais très graves, parfois mortelles, sont à l'origine de cette suspension du marché, a souligné l'ANSM. De plus, des incertitudes subsistent sur son bénéfice thérapeutique.

 Le retrait concerne le Myolastan du laboratoire Sanofi et ses génériques (Panos de Daiichi Sankyo France, Tetrazepam d'Arrow, Sandoz, Biogaran). Toutes les boîtes disponibles sur le marché sont retirées à partir de ce lundi 8 juillet. Les
médecins ne doivent plus prescrire de traitement par tétrazépam et les
pharmaciens doivent informer les patients concernés.

 "Un médicament avec des risques, comme tous les autres" (Docteur Duquesnel, médecin généraliste)

Au micro de France Info ce lundi matin, le docteur Duquesnel, médecin généraliste en Mayenne, explique que ce médicament, notamment utilisé pour soulager des lumbagos, était fréquemment prescrit. Selon lui, le tétrazépam consituait un "traitement efficace, il est vrai avec des risques, mais comme tous les médicaments" . Le médecin estime en fait que le principal risque était l'automédication que permettait son conditionnement. Vendu par boîte de 20 alors qu'un traitement habituel se limitait à environ huit cachets, le docteur Duquesnel estime que le tétrazépam ne devrait pas être interdit mais reconditionné.

 

 Jugeant l'arrêt du médicament trop brutal, il estime que "le risque zéro n'existe pas" et que les médecins sont en mesurer le service rendu au patient en fonction des symptomes qu'il présente, de sa pathologie et de ses antécédents. 

Retrait dans toute l'Union européenne

Le sevrage des patients ne devrait pas être trop compliqué car le tétrazépam est utilisé sur de courtes périodes, selon l'ANSM, qui précise tout de même que "dans les cas exceptionnels d'utilisation au long cours" , un risque de syndrome de sevrage ne peut cependant pas être exclu.

Cette famille de produits est retirée de toute l'Union européenne. La Commission européenne a en effet approuvé la recommandation d'avril de l'agence européenne du médicament (EMA) de "suspendre les autorisations de mises sur le marché des médicaments à base de tétrazépam au sein de l'Union européenne"

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