Les "indignés" qui occupent la place Puerta del Sol de Madrid depuis une semaine, poursuivaient le mouvement lundi

Des milliers de manifestants ont à nouveau envahi la \"Puerta del Sol\", place centrale de Madrid, le 21 mai 2011.
Des milliers de manifestants ont à nouveau envahi la "Puerta del Sol", place centrale de Madrid, le 21 mai 2011. (AFP - Javier Soriano)

"On compte rester au moins jusqu'à dimanche (29 mai), mais on n'exclut pas de rester davantage", a déclaré une porte-parole de ce mouvement spontané né le 15 mai via les réseaux sociaux et qui n'a cessé de gagner en puissance."On n'a pas remarqué de baisse de mobilisation après les élections locales" de dimanche, a-t-elle assuré.

"On compte rester au moins jusqu'à dimanche (29 mai), mais on n'exclut pas de rester davantage", a déclaré une porte-parole de ce mouvement spontané né le 15 mai via les réseaux sociaux et qui n'a cessé de gagner en puissance.

"On n'a pas remarqué de baisse de mobilisation après les élections locales" de dimanche, a-t-elle assuré.

"On se structure encore plus, des gens viennent nous aider", a-t-elle ajouté.

Cette fronde soudaine a été l'invitée surprise des élections régionales et municipales de dimanche marquées par au pouvoir, déjà depuis longtemps en mauvaise posture dans les sondages.

Les "indignés" s'organisent
Lundi, sur la Puerta del Sol, les protestataires, des jeunes précaires, mais aussi des retraités et des chômeurs, continuaient à s'organiser, balayant la place avec les employés municipaux, distribuant des petits déjeuners et éclamant encore plus de matériel.

"On aimerait que quelqu'un nous prête un téléphone fixe pour organiser un poste d'appels gratuits!", criait un organisateur dans un haut-parleur.

Ce mouvement coloré et pacifique qui se dit "apolitique" et "citoyen" réunit tous les soirs depuis le début de la semaine dernière des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes -ils étaient 30.000 samedi soir -, venant clamer leur rejet de la "gestion de la crise économique".

Comme à Madrid, les manifestants ont décidé de poursuivre le mouvement, la plupart du temps jusqu'à dimanche, dans de nombreuses villes dont Barcelone et Valence.

La Puerta del Sol madrilène, épicentre du mouvement
Le mouvement, dont les réseaux sociaux ont servi de terreau, a pris naissance sur la place la plus emblématique du Vieux Madrid, la Puerta del Sol, sur laquelle les protestataires se relaient jour et nuit depuis une semaine.

Les jeunes, qui sont majoritaires dans le mouvement aux côtés de citoyens de toutes conditions (chômeurs, fonctionnaires, retraités...), l'ont rebaptisée "Place de la Solution" et l'ont couverte de banderoles. "Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir", proclame l'une d'elles, tandis qu'une autre réclame "Une véritable démocratie maintenant".

"A notre âge, nos parents avaient du travail, une maison, des enfants. Quand aurons-nous tout cela ?" se lamente Paula Mendez Sena, une jeune architecte de 24 ans.

Une jeune femme de 32 ans citée par l'AFP, Claudia Ayala, commente: "Ils enlèvent tout espoir à des milliers de jeunes dans ce pays. L'Espagne supporte, supporte, mais un jour arrive le moment où on dit assez. Et ce moment est arrivé. Ce n'est plus le temps de l'indignation, c'est celui de la réaction".

Un taux de chômage record, aggravé chez les jeunes
Ce mouvement marque un tournant dans le pays où jusqu'à présent la population protestait rarement contre les mesures d'austérité et le taux de chômage.

L'Espagne est sortie de la récession au début de l'année dernière mais l'économie peine à repartir. Alors que le taux de chômage dépasse 21% dans le pays, il grimpe à 45% pour la tranche des 18-25 ans. En outre, la précarité de l'emploi est très importante: contrats temporaires ou stages sous-payés concernent les deux tiers des jeunes salariés.

"Nous voulons des hommes politiques qui se préoccupent de nos vies" et non de leur carrière, selon le porte-parole d'un des mouvements de protestation tomalaplaza.net

Les deux principaux partis montrés du doigt
Inédit, spontané et coloré, le mouvement dénonce l'injustice sociale, les dérives du capitalisme, la "corruption des politiciens" et se veut un laboratoire d'idées pour des réformes à venir.

Ils appellaient en particulier au boycott des deux principaux partis, le PSOE (socialiste, au pouvoir) et le PP (opposition de droite), qui dominent la vie politique en Espagne depuis l'avènement de la démocratie en 1978.

Le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, avait appelé à une "large participation" tandis que son adversaire Mariano Rajoy, chef du PP, rappelait que "la démocratie, c'est le vote".

Mais les jeunes n'y croient plus. "Bien sûr, bien sûr qu'ils ne nous représentent pas", était l'un des slogans favoris, répété à l'infini chaque nuit à la Puerta del Sol.

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