Les indépendantistes flamands viennent de rejeter un projet de compromis sur l'avenir du pays

Le leader francophone Elio Di Rupo (à gauche) et le leader flamand Bart de Wever (à droite) le 20-9-2010 à Bruxelles
Le leader francophone Elio Di Rupo (à gauche) et le leader flamand Bart de Wever (à droite) le 20-9-2010 à Bruxelles (AFP - BELGA - ERIC LALMAND)

Le parti N-VA de Bart De Wever, nationaliste et libéral en matière économique, a repoussé une offre de la dernière chance qui aurait permis de relancer les négociations sur la formation d'un gouvernement en Belgique.Cela aurait permis de sortir la Belgique, sans gouvernement depuis plus d'un an, de la plus longue crise politique de son histoire.

Le parti N-VA de Bart De Wever, nationaliste et libéral en matière économique, a repoussé une offre de la dernière chance qui aurait permis de relancer les négociations sur la formation d'un gouvernement en Belgique.

Cela aurait permis de sortir la Belgique, sans gouvernement depuis plus d'un an, de la plus longue crise politique de son histoire.

L'Alliance néo-flamande, premier parti au Parlement belge, a jugé insuffisantes les propositions du premier ministre pressenti et chef de file des socialistes francophones, Elio Di Rupo. "Avec la meilleure volonté du monde, je ne crois pas que des négociations sur la base de cette note peuvent mener à un succès", a déclaré Bart De Wever au cours d'une conférence de presse.

Programme de compromis
Le président du PS, le principal parti côté francophone, avait proposé lundi un programme gouvernemental de rigueur budgétaire et un projet de réforme institutionnelle prévoyant un renforcement de l'autonomie des régions belges. Objectif: répondre aux revendications des Flamands.

Elio Di Rupo proposait ainsi de réformer les institutions fédérales en transférant des compétences, notamment fiscales, vers les régions, tout en maintenant un Etat fédéral assez fort, chargé notamment de la politique monétaire, de la Défense et des Affaires étrangères.

La crise politique belge est due à des divergences profondes sur l'avenir du pays, entre des néerlandophones qui réclament une autonomie poussée, et des francophones inquiets d'un éclatement à terme du royaume. Depuis, le pays est gouverné par un cabinet chargé d'expédier les affaires courantes.

Plusieurs partis, socialistes, libéraux et centristes des deux communautés linguistiques, avaient pourtant répondu oui à la reprise des négociations sur la base du projet présenté par Elio Di Rupo. Mais les chrétiens-démocrates du CD&V, deuxième parti flamand, ont posé comme "condition nécessaire" que la N-VA intègre lui aussi une future coalition.

Cette attitude condamne d'emblée le scénario un temps caressé de coalition sans les indépendantistes.

Surenchère flamande
La situation linguistique est encore compliquée par un fossé droite-gauche grandissant en Belgique entre la Flandre au Nord et la Wallonie au Sud sur les questions économiques et sociales.

Dans ce contexte, le leader francophone a été amené à faire d'autres concessions. Il a ainsi mis sur la table un programme de rigueur, comprenant des économies dans les politiques sociales et des hausses d'impôts. Il a par ailleurs accepté la remise en cause de droits spécifiques dont jouissent des milliers de francophones dans la banlieue flamande de Bruxelles.

Mais cela n'a pas suffi à Bart De Wever, qui a jugé "désastreux pour les Flamands" le fait que les droits particuliers des francophones de six communes de Flandre jouxtant Bruxelles, ville où le français est très majoritaire, soient "de facto renforcés".

A ses yeux, le projet n'accorde pas une autonomie suffisante aux régions, notamment en matière de gestion de la sécurité sociale et des chômeurs. Il a par ailleurs dénoncé le "tsunami" fiscal proposé par Elio Di Rupo.

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