Le Premier ministre du Kosovo Hashim Taci aurait agi comme le "parrain" de réseaux criminels

Le premier ministre du Kosovo Hashim Taci, à Washington, le 29 juin 2009
Le premier ministre du Kosovo Hashim Taci, à Washington, le 29 juin 2009 (Alex Wong/Getty Images/AF)

C'est ce qu'affirme l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Dans un rapport divulgué mardi, l'institution accuse Hashim Taci d'avoir été à la tête de réseaux criminels responsables d'un trafic d'organes de prisonniers serbes et albanais avant et après l'intervention de l'Otan en 1999.

C'est ce qu'affirme l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Dans un rapport divulgué mardi, l'institution accuse Hashim Taci d'avoir été à la tête de réseaux criminels responsables d'un trafic d'organes de prisonniers serbes et albanais avant et après l'intervention de l'Otan en 1999.

L'institution européenne accuse les indépendantistes albanais du Kosovo de s'être livré à ce trafic et met directement en cause Hashim Taci , sinon dans son organisation directe, du moins comme le protecteur des réseaux criminels qui s'en rendent coupables.

Les services de renseignement de l'Otan considéreraient
l'actuel Premier ministre comme "le plus dangereux des 'parrains de la pègre' de l'UCK [l'Armée de libération du Kosovo, ndlr]", peut-on lire dans le rapport.

Le gouvernement du Kosovo a immédiatement réagi en
qualifiant ce document de "diffamatoire" dans un communiqué. "Le gouvernement du Kosovo et le Premier ministre Hashim Taci entreprendront toutes les démarches et actions nécessaires pour écarter les mensonges de Dick Marty, y compris par des moyens légaux et politiques", peut-on y lire.

Reprises des accusations de 2008
Rédigé par le sénateur suisse libéral Dick Marty pour la commission des affaires juridiques et des droits de l'homme de l'Assemblée, qui ne l'a pas encore approuvé, le rapport reprend les accusations portées en 2008 par l'ancien procureur du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie, Carla del Ponte.

"De nombreux indices semblent confirmer que, dans la période immédiatement après la fin du conflit armé, avant que les forces internationales puissent vraiment prendre le contrôle de la région et rétablir un semblant d'ordre et de légalité, des organes auraient été prélevés sur des prisonniers dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë", dit le rapport.

Ces organes auraient été ensuite transportés à l'étranger "à des fins de transplantation". "Cette activité criminelle" s'est développée " grâce à l'initiative de certains chefs des milices de l'UCK liés au crime organisé" et elle "s'est poursuivie, bien que sous d'autres formes, jusqu'à nos jours", affirme Dick Marty.

Drogues et assassinats
Le sénateur suisse accuse "un noyau restreint mais puissant de personnalités de l'UCK", dit "groupe de Drenica", d'avoir pris le contrôle des activités criminelles au Kosovo et en Albanie.

Le sénateur suisse accuse "un noyau restreint mais incroyablement puissant de personnalités de l'UCK", dit "groupe de Drenica", d'avoir pris le contrôle des activités criminelles au Kosovo et en Albanie.

Dick Marty, ancien procureur, cite des sources au sein des services de lutte contre la drogue dans cinq pays qui affirment que Hashim Thaci et le groupe de Drenica contrôlent le commerce de l'héroïne depuis dix ans.

Ils seraient également responsables d'assassinats et de détentions illégales dans le cadre desquelles se seraient déroulés des prélèvements d'organes, principalement de reins.

L'UE et l'ONU épinglés
Le rapport est tout aussi sévère pour "les autorités internationales en charge de la région" - Nations unies et Union européenne - qui "n'ont pas estimé nécessaire de procéder à un examen approfondi" de ces faits "en dépit des indices concrets au sujet de tels trafics au début de la décennie".

Elles ont "privilégié une approche politique pragmatique, estimant devoir favoriser à tout prix la stabilité à court terme et sacrifiant ainsi d'importants principes de justice", affirme l'ancien procureur suisse.

Le rapport doit être adopté en commission jeudi à Paris avant d'être soumis au vote de l'assemblée plénière en janvier à Strasbourg.

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