Le chef du parti socialiste francophone belge Elio Di Rupo a été chargé de former un nouveau gouvernement

Elie Di Rupo lors d\'une conférence de presse, à Bruxelles, le 6 janvier 2011
Elie Di Rupo lors d'une conférence de presse, à Bruxelles, le 6 janvier 2011 (AFP/Bruno FAHY)

Depuis les élections du 13 juin 2010, le processus pour la formation du gouvernement s'est enlisé en raison de fortes divergentes entre Flamands et francophones. Le Roi Albert II avait nommé plusieurs médiateurs pour déminer la situation sans réussite.Après de nouvelles consultations,le roi a décidé lundi de confier cette mission à Di Rupo.

Depuis les élections du 13 juin 2010, le processus pour la formation du gouvernement s'est enlisé en raison de fortes divergentes entre Flamands et francophones. Le Roi Albert II avait nommé plusieurs médiateurs pour déminer la situation sans réussite.

Après de nouvelles consultations,le roi a décidé lundi de confier cette mission à Di Rupo.

En dernier lieu, un énième médiateur, le chrétien Flamand Wouter Beke, avait achevé le 12 mai une mission de deux mois qui n'avait pas semblé réussir de percée spectaculaire. Pourtant, M.Beke avait dit avoir pu poser "les bases" de quatre points parmi les plus délicats.

M. Beke avait cité la scission, réclamée par la Flandre, de la circonscription électorale bilingue français-néerlandais de Bruxelles-Hal-Vilvorde, la "régionalisation" de la politique de l'emploi et de la santé, ainsi que la réforme du système de financement des régions, qui leur accorderait une plus large autonomie.

Le blocage continuait car Francophones et Flamands n'avaient pas réussit à ce moment là à décider qui d'Elio Di Rupo ou de Bart de Wever (Nouvelle Alliance flamande /N-VA) devait reprendre la main.

Les nouvelles consultations qu'a menées le souverain belge depuis jeudi avec l'ensemble des partis ont donc permis de trancher sur ce point, puisque Elio Di Rupo a été désigné "formateur".

Challenge délicat pour Elio Di Rupo
Mais sa tâche paraît encore ardue et pourrait prendre quelques semaines. S'il réussit, Di Rupo deviendrait le premier francophone à occuper la fonction de chef de gouvernement belge depuis Paul Vanden Boeynants, Premier ministre du 20 octobre 1978 au 2 avril 1979.

Né en 1951, à Morlanwelz (sud), dans un milieu modeste d'origine italienne, Elio Di Rupo décroché un doctorat en chimie avant de se lancer en politique au sein du PS, dont il a pris la direction en 1999.

A la tête d'un PS omniprésent en Wallonie, il a lourdement pesé sur la formation de plusieurs gouvernements. Ce rôle clé lui a valu le surnom de "régent du royaume" en Flandre, où son nom a également été associé au clientélisme socialiste. Il a réussi toutefois à se démarquer des scandales politico-financiers qui ont secoué la Wallonie et à se maintenir.

Intelligent et rusé, il a survécu à plusieurs épreuves. La mort de son père quand il avait un an, mais aussi de fausses accusations de pédophilie, lancées en pleine affaire Dutroux en 1996 par un jeune mythomane. Blanchi, il avait été forcé d'évoquer une homosexualité jusque-là gardée discrète.