La Slovénie mise sur le renouveau de son savoir-faire viticole

Des vignes appartenant à la Puklavec & Friends Vignobles, 19 Juin, 2015, près Ormoz, en Slovénie.
Des vignes appartenant à la Puklavec & Friends Vignobles, 19 Juin, 2015, près Ormoz, en Slovénie. (Jure Makovec / AFP)

Les vins slovènes ne figurent pas encore sur la carte mondiale des grands vignobles. La Slovénie exporte moins de 10% de sa production, le reste étant consacré à la consommation locale. Spécialisée dans le blanc, elle entend relancer une vinification de qualité après plus de quatre décennies de collectivisme yougoslave.


La culture de la vigne en Slovénie remonte à l'époque celte, il y a 2.400 ans, soit avant l'invasion romaine. C’est sur ce savoir-faire ancestral que mise la petite République de Slovénie, très ancien terroir viticole enchâssé entre les Alpes et la mer Adriatique.

Sa grande diversité de climats et de sols, promettent un bel avenir au vin slovène. C’est ce que pensent secrètement certains connaisseurs, en raison justement de sa typicité et de la variété de ses terroirs, à la croisée des Balkans, de l'Italie, de la Hongrie et de l'Autriche.

Cépages  locaux
Outre les incontournables cépages dont dispose le pays –sauvignon, chardonnay, pinot blanc et autres pinots gris–  il y a aussi le welschriesling et le sipon, la variété locale du célèbre furmint (tokay) hongrois, ce qui donne lieu à des assemblages et à de nouvelles sensations pour les papilles des étrangers.

«Des oenologues nous ont confié: "Je ne peux même pas dire à quoi cela me fait penser car c'est tout à fait unique. Enfin quelque chose de neuf en provenance du Vieux continent !"», raconte Mme Puklavec, responsable de la cave Puklavec and Friends à Ormoz, dans le nord-est.

Distribuée dans une vingtaine de pays et devenue le principal exportateur national, la cave n'a véritablement repris vie qu'en 2009, après avoir connu les avatars du communisme sous Tito. 

Moins de 10% des vins à l'export
Mais seule une poignée de caves ambitieuses sortent du lot dans ce pays de 2 millions d'habitants. La Slovénie exporte toujours moins de 10% de sa production: la grande majorité des viticulteurs possèdent moins d'un hectare de vigne et le vin est avant tout consommé localement, à raison de 39 litres par an et par habitant.

A l'étranger, «personne ne connaît notre pays, notre nom, notre vin, nos cépages», regrette Tatjana Puklavec, fière des ses vins qui commencent à être dégustés à «New York ou à Sao Paolo».

Puklavec & Friends détient la plus grande réserve de vins anciens de Slovénie.
Puklavec & Friends détient la plus grande réserve de vins anciens de Slovénie. (Jure Makovec / AFP)

Dans cette cave, les années yougoslaves sont toujours présentes. Ses gigantesques chais conservent quelque 270.000 bouteilles issues des meilleurs millésimes, dont un sauvignon de 1956 dont la famille veut croire qu'il a été vendangé par Martin Puklavec, le grand-père de Tatiana.

9% de la production nationale
Ce dernier s'y était établi dès les années 1930, raconte-t-elle, et avait fédéré dans les années 1950 une quarantaine de confrères pour créer une importante coopérative, qu'il avait fait équiper de chais sur sept niveaux. Après son expropriation par le pouvoir communiste, la coopérative a décliné jusqu'à son rachat en 2008 par le père de Tatiana, Vladimir, qui s'était exilé en Allemagne.

La société familiale exploite aujourd'hui pas moins de 1.100 hectares de vignes et produit 65.000 hectolitres par an, soit environ 9% de la production nationale. Elle a notamment été référencée par le géant britannique de la distribution, Tesco. Une étape prometteuse.

 


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