La réunion du G20 s'achève sur des divergences

Les grands argentiers du G20, le 7 novembre 2009 à Saint ndrews, en Ecosse.
Les grands argentiers du G20, le 7 novembre 2009 à Saint ndrews, en Ecosse. (© AFP/Geoff Caddick)

Le G20 a fixé samedi à Saint Andrews, en Ecosse, un calendrier pour la surveillance mutuelle de ses économies

Le G20 a fixé samedi à Saint Andrews, en Ecosse, un calendrier pour la surveillance mutuelle de ses économiesLe G20 a fixé samedi à Saint Andrews, en Ecosse, un calendrier pour la surveillance mutuelle de ses économies

S'ils ont décidé de maintenir les politiques de soutien tant que la reprise ne sera pas assurée, les grands argentiers se sont montrés divisés sur la mise en oeuvre d'une taxe sur la finance, malgré la volonté de Londres.

Autre divergence: le sommet de Copenhague sur le climat. Le G20 s'est engagé pour un accord ambitieux sans fournir de chiffre.

La réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 (grands pays émergents et développés) s'est déroulée outre-Manche vendredi et samedi. Il s'agissait de leur troisième et dernière réunion sous présidence britannique cette année, outre le sommet des chefs d'Etat tenu à Londres en avril dernier. Les grands argentiers ont décidé de fixer à janvier la date de leur prochaine échéance.

Ils devront à cette date avoir mis au point leur propre cadre de travail en matière économique avant une première évaluation collective, avec l'aide du Fonds monétaire international, fixée en avril. Ensuite, ils devront avoir "développé un ensemble d'options en matière de politique économique", qui seront présentés au prochain sommet du G20 prévu au Canada en juin 2010.

Pas une taxe Tobin, selon DSK


Londres avait appelé samedi à la mise en place d'un "contrat social" entre les banques et les contribuables qui les ont aidées pendant la crise, envisageant explicitement parmi les moyens d'y parvenir l'instauration d'une taxe de type "Tobin". Le Premier ministre britannique Gordon Brown est venu en personne à Saint Andrews pour appeler le G20 à envisager une taxe sur les transactions financières: "Parmi les propositions figurent une prime d'assurance reflétant le risque systémique, la création d'un fonds, des dispositions sur le capital, ou une taxe sur les transactions financières internationales", a-t-il énuméré.

Mais les participants à ce G20 Finances semblent n'avoir guère partagé cet enthousiasme. Ainsi, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a annoncé que l'idée avancée par le Britannique Gordon Brown n'a pas été abordée. Il a ajouté que les grands argentiers du G20 n'avaient pas non plus abordé la question des déséquilibres monétaires, relevant que le sujet "ne figure pas dans le communiqué" publié à l'issue de la réunion.

Pour la ministre française des Finances, Christine Lagarde, une possible taxe sur le secteur financier serait "une très bonne chose". La ministre a par ailleurs dit avoir obtenu des "clarifications" des Américains sur leur application des nouvelles règles sur les bonus.

Le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a indiqué qu'une éventuelle taxe s'appliquant aux banques serait davantage "une assurance" contre la crise qu'une sorte de taxe Tobin, car elle ne devrait pas concerner les transactions financières.

Le FMI comme arbitre


Les débats ont également porté sur la mise en place du "cadre de travail" décidé lors du sommet de Pittsburgh aux Etats-Unis fin septembre, un mode de fonctionnement basé sur la surveillance multilatérale avec le Fonds monétaire international comme arbitre.

Cet exercice de surveillance multilatérale sera mis en oeuvre avec l'aide du Fonds monétaire international (FMI), dont le rôle exact sur ce point est toujours à déterminer. Certains pays émergents d'Asie (Indonésie) et d'Amérique latine (Argentine) renâclent en effet devant l'arrivée, ou le retour, du FMI dans leurs affaires économiques. Le FMI a été chargé à Pittsburgh de surveiller les déséquilibres et de faire des recommandations de politique économique aux pays qui devront alors prendre des mesures de correction adaptées. Mais l'extension de ses pouvoirs en la matière reste encore à définir.

Le Fonds monétaire international (FMI), pour qui les conditions financières sont encore "loin de la normale" et les banques fragiles, a averti que la reprise économique était "inégale" et pourrait caler, dans des conditions financières "loin d'être normales" avec des banques "sous-capitalisées". Fonds qui voit en la réduction du déficit public une "haute priorité" du G20. Il a déconseillé, dans son rapport au groupe des pays riches et émergents du G20 publié samedi, de laisser "traîner" la réforme du système financier et les efforts pour réduire les déficits publics.

Financer la lutte contre le changement climatique
L'autre débat était le financement de la lutte contre le changement climatique pour les pays les plus pauvres. "Nous sommes déterminés à agir contre la menace du changement climatique et à travailler en vue d'un accord ambitieux à Copenhague", ont déclaré les ministres. "Nous avons discuté des options sur le financement de la lutte contre le changement climatique et reconnu la nécessité d'augmenter de manière significative et de façon urgente l'importance et la capacité de connaître à l'avance l'étendue de ces financements pour mettre en oeuvre un ambitieux accord international", poursuit le texte.

Ce dernier ne fait toutefois état d'aucun engagement chiffré, toujours objet de profondes divergences entre les pays du G20, qui rassemble pays riches et émergents. La semaine dernière, les Européens ont fixé un objectif mondial de 100 milliards d'euros par an de 2013 à 2020.

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