Après le choc de la photo d'Aylan Kurdi, les initiatives se multiplient en France en faveur des réfugiés

Le corps inanimé de Galip, 5 ans, le frère aîné d\'Aylan, a été retrouvé sur la plage de Bodrum (Turquie), le 2 septembre 2015.
Le corps inanimé de Galip, 5 ans, le frère aîné d'Aylan, a été retrouvé sur la plage de Bodrum (Turquie), le 2 septembre 2015. ( ANADOLU AGENCY / AFP)

Elles prennent des formes diverses : pétitions, lettre ouverte, manifestation ... 

Une photo peut-elle changer le cours de l'histoire ? Ou renverser les opinions ? La photo d'Aylan Kurdi, un enfant syrien de 3 ans retrouvé mort noyé sur la plage de Bodrum (Turquie), a ému l'Europe, jeudi 3 septembre. En France, les initiatives se multiplient pour appeler à accueillir davantage de réfugiés, dans de meilleures conditions. En voici quelques-unes.

Un appel à héberger les réfugiés chez soi

L'association Singa a lancé l'initiative Calm ("Comme à la maison"), qui se présente comme "le premier réseau d'hébergement de réfugiés chez l'habitant". Ce site internet permet à des familles d'offrir leur hospitalité pendant un mois, un trimestre ou un an à des réfugiés dont la demande d'asile a été acceptée. Quelque 200 personnes se sont déjà inscrites pour proposer un hébergement. Une première famille réfugiée devrait être installée d'ici une dizaine de jours.

Le Service jésuite des réfugiés, lui, a déjà mis en place depuis des années "Welcome", un service similaire proposant à des familles d'accueillir un jeune réfugié chez elles, signalait La Croix, en juin dernier.

Des pétitions pour accueillir davantage de migrants

Plusieurs pétitions ont été lancées pour que l'Hexagone accueille davantage de migrants. Constitué d'étudiants, de salariés, de retraités ou de politiques (de gauche et écologistes), le collectif "La vague citoyenne" a mis en ligne un texte intitulé "Nous voulons accueillir des réfugiés" .

"C'est notre devoir d'humains, de citoyens. C'est le devoir de nos élus de mettre en œuvre cet impérieux élan d'assistance", écrivent les premiers signataires. Près de 8 000 personnes l'ont déjà signée en Aquitaine et Poitou-Charentes, signale Sud-Ouest. 

Un appel aux maires de France

La sénatrice centriste Nathalie Goulet, elle, a publié une lettre ouverte au président de l'Association des maires de France,, pour appeler à accueillir "avec dignité, générosité et humanité" de nombreux réfugiés dans les communes.

Elle demande à François Hollande et à François Baroin d'"organiser au plus vite une consultation des 36 000 maires de notre pays pour recenser les capacités d'accueil de réfugiés syriens, irakiens et autres qui fuient les conflits, et regrouper les initiatives prises en ce sens par les communes, associations et bénévoles". 

Une mobilisation des associations d'aide aux migrants

Un certain nombre d'associations signalent qu'elles œuvrent déjà depuis longtemps sur le terrain, sans être toujours entendues. A Calais, quatre ONG rappellent qu'elles ont lancé leur propre opération humanitaire sur la "New Jungle" pour pointer le manque d'engagement des pouvoirs publics sur ce campement, même si le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé la construction d'un nouveau camp humanitaire pour 2016.

Une manifestation à Paris et en régions samedi

Une page événement Facebook "Pas en notre nom" a été créée, appelant à un "Rassemblement citoyen en solidarité avec les migrants" samedi 5 septembre à 17 heures place de la République, à ParisDes personnalités comme les journalistes Michèle Fitoussi, Caroline Fourest et Serge Moati ont appelé à y participer. Dans un billet intitulé "Surtout en leur nom", le collectif de soutien La Chapelle en Lutte, qui œuvre pour aider des réfugiés et sans-papiers à Paris, dénonce une "récupération des luttes actuelles des migrants".