Royaume-Uni : trois conséquences inattendues du Brexit

Le président de l\'Ukip, Nigel Farage, annonce sa démission, le 4 juillet 2016, à Londres.
Le président de l'Ukip, Nigel Farage, annonce sa démission, le 4 juillet 2016, à Londres. (BEN STANSALL / AFP)

Nigel Farage a démissionné lundi 4 juillet de la présidence du parti europhobe britannique Ukip, qu'il dirigeait depuis 2010. 

Au secours, fuyons ? Les répliques du séisme du Brexit n'en finissent plus de se faire sentir dans la classe politique britannique. Et la victoire du "leave" (par 52% des voix) au référendum sur la sortie ou non du Royaume-Uni de l'Union a eu des conséquences inattendues.

Nigel Farage abandonne la présidence de l'Ukip

"Je veux retrouver ma vie". Par cette courte phrase, Nigel Farage a annoncé lundi 4 juillet qu'il abandonnait la présidence du parti europhobe Ukip. Une surprise puisque le député européen avait été un des chefs de file de la campagne pro-Brexit, et qu'il pouvait (éventuellement) vouloir bénéficier de son succès. Mais le chef de parti a estimé qu'il avait "fait" ce qu'il "avait à faire" en obtenant la victoire du "leave". 

En revanche, il n'a pas annoncé sa démission du Parlement européen, où il compte encore intervenir "de temps en temps". L'élu avait pourtant été accueilli fraîchement, le 28 juin, par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à la session extraordinaire au Parlement européen à Bruxelles. "Je suis vraiment surpris que tu sois là. Tu t'es battu pour la sortie [du Royaume-Uni], les Britanniques ont voté pour la sortie. Pourquoi es-tu là ?" avait lancé le Luxembourgeois à l'élu britannique sous les applaudissements. 

Boris Johnson ne postule pas à la succession de David Cameron

Autre chef de file pro-Brexit à faire défection, Boris Johnson. L'ancien maire de Londres a annoncé, le 30 juin, qu'il renonçait à se présenter à la succession de David Cameron. Pourtant, au lendemain du référendum, il apparaissait comme le favori des bookmakers pour devenir le nouveau Premier ministre conservateur.

Une semaine plus tard, il était hors course. Au lendemain du Brexit, qu'il avait soutenu, il a paru rétropédaler dès l'annonce des résultats du référendum, en affirmant que le pays "ne tournait pas le dos à l'Europe", sans offrir aucune stratégie concrète. De quoi apparaître comme opportuniste, voire menteur, aux yeux de son propre camp. Et, à en croire un sondage du Times, les adhérents conservateurs lui préféreraient désormais la ministre de l'Intérieur, Theresa May, une eurosceptique qui avait choisi le camp du "remain" par solidarité gouvernementale. 


Royaume-Uni : Boris Johnson renonce à briguer le poste de Premier ministre

David Cameron ne lance pas les démarches de sortie de l'UE

Ce fut la première nouvelle étonnante de l'après-scrutin : le Premier ministre britannique a fait savoir, dès le lendemain du référendum, le vendredi 24 juin, qu'il refusait d'engager l'article 50 du traité de Lisbonne définissant les modalités de retrait de l'Union européenne.  

En clair : David Cameron, désavoué (puisqu'il prônait le maintien dans l'UE), ne gérera pas les conséquences du référendum sur le Brexit qu'il a lui-même organisé. Et n'entamera même pas les démarches nécessaires. Il démissionnera cet automne, en laissant à son successeur les difficiles négociations sur la sortie de l'Union européenne.

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