Royaume-Uni : déjà six candidats à la succession de la Première ministre Theresa May

La Première ministre Theresa May après l\'annonce de sa démission, vendredi 24 mai 2019 au 10, Downing Street de Londres (Royaume-Uni).
La Première ministre Theresa May après l'annonce de sa démission, vendredi 24 mai 2019 au 10, Downing Street de Londres (Royaume-Uni). (TOLGA AKMEN / AFP)

Les membres du parti conservateur auront jusqu'au 20 juillet pour choisir entre les deux candidats initialement sélectionnés par les députés tories.

Après la démission de la Première ministre Theresa May, six candidats sont déjà sur les rangs pour prendre le pouvoir au Royaume-Uni et s'emparer de l'épineux dossier du Brexit. Dominic Raab, figure de la nouvelle garde des conservateurs et fugace ministre du Brexit, et Matt Hancock, le ministre de la Santé, ont à leur tour fait part de leur intérêt, samedi 25 mai. "Je mettrai en oeuvre le Brexit", a tweeté ce dernier.

Theresa May laisse à son successeur la lourde tâche de mettre en œuvre la sortie de l'UE du Royaume-Uni, soit en renégociant un nouvel accord avec Bruxelles – celui qu'elle avait conclu a été rejeté par les députés –, soit en optant pour une sortie sans accord. La Première ministre a annoncé vendredi qu'elle quitterait ses fonctions le 7 juin, exprimant son "profond regret" d'avoir échoué dans ses tentatives de concrétiser le Brexit, trois ans après le référendum qui l'a décidé par 52% des voix.

>> Démission de Theresa May : de la perte de sa majorité à ses échecs sur le Brexit, deux années de galère de la Première ministre

Theresa May assurera la transition jusqu'à ce que les 100 000 membres de son Parti conservateur se choisissent, d'ici au 20 juillet, entre les deux candidats sélectionnés par les députés tories, un nouveau leader, qui deviendra le prochain chef du gouvernement. Son annonce sonne le début d'une lutte de deux mois pour le pouvoir chez les conservateurs.

L'ex-maire de Londres Boris Johnson parmi les favoris

Boris Johnson, 54 ans, n'a pas attendu la déclaration de la Première ministre pour se dire candidat à son poste. Grand favori des militants de base du Parti conservateur, cet ancien ministre des Affaires étrangères et ex-maire de Londres a été un des artisans de la victoire du Brexit au référendum de 2016. Il a déclaré qu'il chercherait à renégocier l'accord conclu par Mme May avec Bruxelles. Mais "nous quitterons l'Union européenne le 31 octobre, accord ou pas", a-t-il dit, s'opposant ainsi à tout nouveau report de cette date butoir.

Boris Johnson lors d\'un discours à Rocester (Royaume-Uni), le 18 janvier 2019.
Boris Johnson lors d'un discours à Rocester (Royaume-Uni), le 18 janvier 2019. (ANDREW YATES / REUTERS)

Dans un entretien avec le Sunday Times (en anglais), l'actuel ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt s'est lui aussi déclaré candidat, estimant que "ce qui importe est si vous croyez au Brexit, pas comment vous avez voté en 2016". L'ex-ministre du Travail Esther McVey et le ministre du Développement international Rory Stewart et ont également confirmé leur candidature. "Je ne pourrais pas servir un gouvernement avec Boris Johnson", a d'ores et déjà prévenu ce dernier sur la BBC (en anglais). "Je ne pourrais pas servir un gouvernement dont la politique consiste à pousser ce pays à un Brexit sans accord".

Rory Stewart alors qu\'il était ministre d\'Etat aux Prisons, le 6 novembre 2016 à Londres (Royaume-Uni).
Rory Stewart alors qu'il était ministre d'Etat aux Prisons, le 6 novembre 2016 à Londres (Royaume-Uni). (SIMON DAWSON / REUTERS)

D'autres personnalités pourraient annoncer leur candidature dans les prochains jours, comme le ministre de l'Environnement Michael Gove, le ministre de l'Intérieur Sajid Javid ou encore l'ex-ministre chargée des relations avec le Parlement Andrea Leadsom, qui a démissionné mercredi.

Pour l'heure, pas de nouvelles législatives

Le futur Premier ministre sera confronté aux mêmes rapports de force à la Chambre des Communes, avec les travaillistes en tant que principale force d'opposition, puisque son arrivée n'est pas liée à de nouvelles élections législatives. "La question est : est-ce qu'un nouveau Premier ministre peut retourner voir les 27 de l'Union européenne et obtenir un accord différent, qui serait plus attractif pour le Parlement ?", juge Tony Travers, professeur de politique publique à la London School of Economics (LSE). La Commission européenne a déjà répondu que ce départ ne changeait "rien" à la position des autres Etats membres sur l'accord de sortie.

Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a de son côté appelé à de nouvelles législatives. Mais ce scénario tente fort peu les Tories, qui ne disposent que d'une étroite majorité au Parlement et pourraient être menacés de la perdre avec l'arrivée d'un nouvel acteur. Le Parti du Brexit de l'europhobe Nigel Farage, en effet, est en tête dans les sondages pour les élections européennes qui ont eu lieu jeudi au Royaume-Uni.

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