Royaume-Uni : Boris Johnson n'a pas signé la lettre demandant un report du Brexit

Le Premier ministre britannique Boris Johnson à la Chambre des communes, le 19 octore 2019 à Londres (Royaume-Uni). 
Le Premier ministre britannique Boris Johnson à la Chambre des communes, le 19 octore 2019 à Londres (Royaume-Uni).  (JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP)

Le gouvernement a été contraint d'adresser ce courrier en vertu d'une loi, mais Boris Johnson reste toujours opposé à un report. Il a expédié une autre lettre pour expliquer qu'il ne voulait pas de nouveau délai. 

Le gouvernement britannique va devoir racheter un carnet de timbres. L'adoption d'un amendement par la Chambre des communes a provoqué un nouveau report de la décision sur l'accord du Brexit. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a donc été contraint d'adresser une lettre réclamant un report du Brexit pour respecter la loi "Benn Act", du nom du député travailliste Hillary Benn qui l'avait présentée à la Chambre des communes.

Farouchement opposé à un tel report, le chef du gouvernement n'a pas signé cette lettre, selon une source au sein de ses services. Le locataire du 10 Downing Street a d'ailleurs envoyé une deuxième lettre, signée celle-ci, pour spécifier qu'il ne voulait pas de ce délai. Dans ce courrier, Boris Johnson explique qu'il a été légalement contraint de demander le report après le vote des députés britanniques.

Par ailleurs, une troisième lettre a été écrite par l'ambassadeur britannique à l'Union européenne, Tim Barrow, pour préciser que celle réclamant un délai est uniquement envoyée pour se plier à la loi. Elle stipule que si aucun accord de sortie n'est approuvé par le Parlement britannique d'ici au 19 octobre, le Premier ministre doit réclamer un report du Brexit, prévu le 31 octobre, au 31 janvier 2020.

Les Vingt-Sept doivent approuver le report

Boris Johnson souhaitait faire approuver par le Parlement son nouvel accord de retrait de l'UE, qu'il avait arraché contre toute attente cette semaine à Bruxelles. Mais les députés ont voté un amendement – l'amendement dit Letwin – leur permettant de repousser leur vote sur cet accord : ils préfèrent en effet se prononcer seulement après l'adoption de toutes ses lois d'application.

Faute d'accord approuvé par les députés, le "Benn Act" a donc été déclenché et Boris Johnson contraint de s'y plier. "Le but de cette loi est de garantir que le Royaume-Uni ne sorte pas de l'Union européenne sans accord", avait expliqué le député à l'origine de cette loi.

Pour que le délai soit effectif, les 27 autres membres de l'UE doivent approuver le report à l'unanimité. A Bruxelles, le président du Conseil européen Donald Tusk a confirmé avoir reçu la demande de délai. "La demande de délai vient juste d'arriver. Je vais commencer maintenant à consulter les leaders européens sur la façon de réagir", a-t-il écrit sur Twitter.

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